« 2008-05 | Page d'accueil | 2008-05 »

samedi, 03 mai 2008

L’Espagne de Florence Delay

Je me suis laissée tenter récemment par une lecture à la Maison de la Poésie, passage Molière. Si je connaissais déjà cet endroit, je ne m’en souvenais pas ; c’est étroit, mais accueillant. Dans un (minuscule) couloir, une inscription calligraphiée au mur : « Défense de stationner dans le vestibule ».

 
[Parenthèse : Ce joli mot de vestibule me rappelle un pseudo-poème que j’écrivis et que je devrais pouvoir retrouver, oui le voilà :

"Ferme d’abord ta mandibule
Sois insensible au préambule
Balaye donc ton vestibule
Et pars avec ton somnambule

Ce n’est rien qu’un conciliabule
Une allégorie de globule
On dirait une noctambule
En fleur, et pas un funambule

Quand le souci démantibule
Ne t’enferme pas dans ta bulle
Dégrafe-moi cette fibule
Dont l’ornement tintinnabule
".]

 

38467073.jpgTrève de balivernes, on présentait là l’autre soir – avec Jacques Roubaud et Francis Marmande, sous la houlette de Marc Blanchet – le livre que Florence Delay a consacré à l’Espagne, et plus précisément à sa découverte des écrivains espagnols. Florence Delay, pour l’écrire, a pris « la route qui recule vers le futur » et elle a remonté en arrière jusqu’au Siècle d’Or. En commençant, à tout seigneur tout honneur, par le grand Federico García Lorca, « un type complétement étoilé ». Lorca que Florence Delay s’est mise à lire à quinze ans, quand René Char (eh oui) lui offrit les œuvres complètes du grand poète espagnol en VO, dans l’édition Aguilar, précise-t-elle, en lui disant : « Lis et traduis ce que tu aimes. » Ce qu’elle fit.

 

Deux autres auteurs lui tiennent à cœur, le poète Miguel Hernández, auteur de El Rayo que no cesa, auquel elle a consacré son « mémoire de méprise » (selon son joli lapsus) et l’essayiste José Bergamín dont elle a traduit plusieurs livres.

 

Il a été question également, en vrac, de tauromachie (évidemment : Delay est fan de corridas, Marmande aussi, Roubaud « farouchement indifférent »), du Capitaine Fracasse, du duende, de l’OAS (qui fit d’extravagantes propositions à Florence Delay après qu’elle eut incarné Jeanne d’Arc dans le film de Bresson), de Buñuel et de vaches basques (la blanca si, la negra también).

Fuligineuse