samedi, 10 mai 2008
Nous ne sommes pas d’ici
Nous ne sommes pas d’ici.
Il n’y a aucun doute là-dessus : nous venons d’ailleurs.
On ne nous a pas demandé d’où.
On ne nous a pas demandé pourquoi.
On ne nous a pas demandé si.
Mais nous savons bien que nous sommes différents.
Cela se voit de tant de manières.
Les yeux que j’ai derrière le crâne.
La capacité que tu as de marcher sur les murs.
Ce n’est pas étonnant qu’on nous regarde.
Nous parlons pourtant à tout le monde.
Nous sommes différents mais nous sommes bienveillants.
Nous voulons être avec vous aussi.
Vous pouvez venir avec nous.
N’ayez pas peur de nous.
N’ayez pas peur de nous.
Vous pouvez venir avec nous.
Nous voulons être avec vous aussi.
Nous sommes différents mais nous sommes bienveillants.
Nous parlons pourtant à tout le monde.
Ce n’est pas étonnant qu’on nous regarde.
La capacité que tu as de marcher sur les murs.
Les yeux que j’ai derrière le crâne.
Cela se voit de tant de manières.
Mais nous savons bien que nous sommes différents.
On ne nous a pas demandé si.
On ne nous a pas demandé pourquoi.
On ne nous a pas demandé d’où.
Il n’y a aucun doute là-dessus : nous venons d’ailleurs.
Nous ne sommes pas d’ici.
Fuligineuse
janvier 08
10:16 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 09 mai 2008
Les boites magiques de Joseph Cornell
Depuis longtemps, je regarde avec délices (dès que j’en ai l’occasion) les images du travail de Joseph Cornell, (1903-1972), un sculpteur américain, comptant parmi les pionniers de l'assemblage. Ses « boîtes » vitrées, au fond desquelles il dispose collages et objets, peuvent être rattachées au courant surréaliste, bien qu’il se soit toujours farouchement revendiqué comme indépendant. Elles sont mystérieuses et évidentes comme des rêves.

Ces jours-ci j’ai découvert un site de toute beauté qui présente des œuvres de Joseph Cornell, il dépend du Peabody Essex Museum de Salem, Massachusetts (oui, le Salem des Sorcières de Salem). Ce musée a présenté en 2007 une grande rétrospective de Cornell intitulée Navigating the Imagination.
On peut voir aussi de nombreuses images sur le site du Smithsonian American Art Museum (SAAM).
Fuligineuse
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mercredi, 07 mai 2008
Le jeu de la douleur et du hasard
Une bibliothèque sans livres, c’est un endroit bien étrange, assurément. C’est cette première impression qui l’emporte en pénétrant dans la salle Labrouste, la grande salle de la Bibliothèque Nationale (site Richelieu) qui, dépouillée de ses livres partis à Tolbiac, accueille le « projet » de Sophie Calle, Prenez soin de vous.
Sophie Calle, artiste plasticienne, photographe, écrivaine et réalisatrice française fait, depuis plus de trente ans, de sa vie, notamment des moments les plus intimes, son œuvre, en utilisant tous les supports possibles : livres, photos, vidéos, films, performances…, inventant des procédés pour raconter sa vie, et finalement aussi celle des autres. Sophie Calle dévoile, entre performances et romans, une démarche narrative où se mêlent fétichisme, représentation et voyeurisme. (…) En 2007, elle publie Prenez soin de vous, un roman construit autour d’une lettre de rupture, dont elle est la destinataire. Sophie Calle a demandé à 107 femmes d’interpréter ce court texte. « J’ai reçu un mail de rupture. Je n’ai pas su répondre. C’était comme s’il ne m’était pas destiné. Il se terminait par ces mots : Prenez soin de vous (*). J’ai pris cette recommandation au pied de la lettre. J’ai demandé à cent sept femmes – dont une à plumes et deux en bois –, choisies pour leur métier, leur talent, d’interpréter la lettre sous un angle professionnel. L’analyser, la commenter, la jouer, la danser, la chanter. La disséquer, l’épuiser. Comprendre pour moi. Parler à ma place. Une façon de prendre le temps de rompre. A mon rythme. Prendre soin de moi. »
Présentée à la Biennale de Venise 2007, l’œuvre est aujourd'hui (et jusqu’au 8 juin) proposée à la BN dans une mise en scène de Daniel Buren.

(image extraite de "Douleur exquise" - DR)
Bien qu’elle m’agace souvent, notamment par le côté voyeuriste/exhibitionniste qui est aussi loin de moi que peut l’être la théorie de Merleau-Ponty sur la phénoménologie de la perception, l’œuvre de Sophie Calle me parle aussi et me touche. Et je peux dire que j’admire sa capacité à transformer en jeu les matériaux les plus douloureux de sa propre existence.
L’installation de la BN se présente sous des formes aussi diverses que les personnalités des 107 femmes associées au projet de Sophie Calle. Leurs interventions sont proposées à la lecture sur des lutrins, accrochées aux murs devant les casiers veufs de livres, lues sur des ordinateurs. On grapille ici et là, on dérive d’un banc à un autre. (Un point noir, le brouhaha ambiant, dont j’ai la nette impression qu’il s’agit d’une bande-son délibérément superposée au bruit « naturel » du lieu…)
« Le hasard reste souverain et c’est lui qui décide souvent du commencement ou du déroulement de l’œuvre, écrit Florence Pillet. Quand Sophie Calle trouve un répertoire perdu dans la rue, elle décide d’interroger les personnes dont le carnet contient les contacts pour obtenir un portrait lentement élaboré du propriétaire de l’objet. Le hasard est aussi provoqué, comme quand on cherche des rapprochements et des coïncidences dans l’enchaînement de faits, un procédé narratif utilisé jusqu’à l’intoxication par Paul Auster dans son œuvre littéraire. Paul Auster s’inspire ainsi de Sophie Calle pour créer le personnage de Maria Turner dans Leviathan, en retour Sophie « performe » quelque temps plus tard les actions décrites par l’auteur : « j’ai décidé d’obéir au livre », avant de lui demander d’établir d’autres actions qu’il souhaite la voir réaliser. On obtient alors un jeu de correspondances, de miroir et de mise en abîme entre l’artiste, le personnage de fiction, l’écriture, la lecture et l’œuvre, où chaque univers vient s’enrichir de créativité ludique. »
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(*) C’est une formule un peu étrange, en tout cas peu fréquente en français. Il me semble que ce n’est pas loin d’un anglicisme. En anglais on dit beaucoup plus aisément « take care » en prenant congé de quelqu'un, que ce soit provisoire ou définitif…
11:13 Publié dans de l'art ? j'adore ! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 05 mai 2008
La fille de l’araignée

Sur l’affiche, on voit une vieille dame, une très vieille dame – elle a quatre-vingt seize ans et demi –, les bras croisés, les yeux baissés. Elle porte un béret ; j’ai l’impression que c’est un clin d’œil de la part de celle qui, née française en 1911, vit aux USA depuis 1938. Cet humour, c’est aussi la marque de fabrique de Louise Bourgeois, grand sculpteur, grande artiste à qui le centre Pompidou consacre actuellement (et jusqu’au 2 juin) une belle exposition.
Car en même temps qu’elle nous interpelle – et avec quelle vigueur – sur des sujets qui dérangent, Madame Louise Bourgeois, visiblement, ne se prend pas au sérieux : c’est tout aussi admirable, à mes yeux, que la qualité de son travail. Deux cents œuvres (peintures, sculptures, dessins et gravures) sont présentées à Beaubourg, couvrant soixante-dix ans d’activité. « La richesse et la diversité de son œuvre résultent de sa position singulière, toujours décalée : entre deux mondes, entre deux langues, entre féminin et masculin, ordre et chaos, organique et géométrie… Sa sculpture, hybride, témoigne de ce va-et-vient entre des pôles opposés, de ce dédoublement. En allant au plus profond de son inconscient, Louise Bourgeois rejoint les mythes universels et les archétypes, donnant une vision à la fois obscène et dionysiaque de la figure maternelle. » (extrait du texte de présentation du Centre Pompidou)
« Dans mon art, je suis l'assassin. Je ressens le supplice de l'assassin, celui qui doit vivre avec sa conscience. Comme artiste, je suis un être puissant. Au quotidien, je suis comme une souris derrière le calorifère », déclare Louise Bourgeois (source : Cybermuse).
Louise Bourgeois : L'arc de l'hystérie
La présentation thématique de l’expo renforce cette mise en évidence des thèmes récurrents de l’artiste : naissance, maternité, blessure, métaphores du corps toujours présent, présence du corps au monde. La puissance des formes qu’elle crée, leur étrangeté, leur violence parfois, engendrent le malaise, la remise en question. Alors qu’en général, je goûte plus souvent des œuvres artistiques dont la beauté appartient à l’harmonie, je suis toutefois fortement attirée par le travail de Louise Bourgeois. Je suis fascinée. Qu’une femme comme elle représente sa mère sous les traits d’une araignée géante, et surtout que cette représentation ne soit pas complètement négative, mais bien ambiguë comme le sont les choses dans la vie réelle, je trouve cela magnifique.

Fuligineuse
Images Centre Pompidou
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Quelques documents à lire :
le dossier du centre Pompidou
la note du blogueur Lunettes Rouges
l’article de Rue 89
l’article du Figaro
et pour les anglophones un texte de la Tate Gallery
08:26 Publié dans de l'art ? j'adore ! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
samedi, 03 mai 2008
L’Espagne de Florence Delay
Je me suis laissée tenter récemment par une lecture à la Maison de la Poésie, passage Molière. Si je connaissais déjà cet endroit, je ne m’en souvenais pas ; c’est étroit, mais accueillant. Dans un (minuscule) couloir, une inscription calligraphiée au mur : « Défense de stationner dans le vestibule ».
[Parenthèse : Ce joli mot de vestibule me rappelle un pseudo-poème que j’écrivis et que je devrais pouvoir retrouver, oui le voilà :
"Ferme d’abord ta mandibule
Sois insensible au préambule
Balaye donc ton vestibule
Et pars avec ton somnambule
Ce n’est rien qu’un conciliabule
Une allégorie de globule
On dirait une noctambule
En fleur, et pas un funambule
Quand le souci démantibule
Ne t’enferme pas dans ta bulle
Dégrafe-moi cette fibule
Dont l’ornement tintinnabule ".]
Trève de balivernes, on présentait là l’autre soir – avec Jacques Roubaud et Francis Marmande, sous la houlette de Marc Blanchet – le livre que Florence Delay a consacré à l’Espagne, et plus précisément à sa découverte des écrivains espagnols. Florence Delay, pour l’écrire, a pris « la route qui recule vers le futur » et elle a remonté en arrière jusqu’au Siècle d’Or. En commençant, à tout seigneur tout honneur, par le grand Federico García Lorca, « un type complétement étoilé ». Lorca que Florence Delay s’est mise à lire à quinze ans, quand René Char (eh oui) lui offrit les œuvres complètes du grand poète espagnol en VO, dans l’édition Aguilar, précise-t-elle, en lui disant : « Lis et traduis ce que tu aimes. » Ce qu’elle fit.
Deux autres auteurs lui tiennent à cœur, le poète Miguel Hernández, auteur de El Rayo que no cesa, auquel elle a consacré son « mémoire de méprise » (selon son joli lapsus) et l’essayiste José Bergamín dont elle a traduit plusieurs livres.
Il a été question également, en vrac, de tauromachie (évidemment : Delay est fan de corridas, Marmande aussi, Roubaud « farouchement indifférent »), du Capitaine Fracasse, du duende, de l’OAS (qui fit d’extravagantes propositions à Florence Delay après qu’elle eut incarné Jeanne d’Arc dans le film de Bresson), de Buñuel et de vaches basques (la blanca si, la negra también).
Fuligineuse
07:10 Publié dans actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 01 mai 2008
Je suis sourdingue

La moitié du temps, quand on parle de « low cost », j’entends « holocauste », et quand on dit « à bas coût », j’entends « à Bakou »...
Fuligineuse
10:44 Publié dans jugements personnels et péremptoires | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
lundi, 28 avril 2008
L'édredon rouge du père Philarète
L’île, film de Pavel Lounguine
Le film se passe dans un monastère orthodoxe, sur une île du nord de la Russie (il a été tourné au bord de la mer Blanche). Le moine Anatoli perturbe la vie de sa congrégation par son comportement étrange. Il ne fait rien comme les autres, arrive en retard aux offices, vit seul à l’écart dans une petite bâtisse sans fenêtre où il dort sur un tas de charbon… De plus, selon la rumeur, l'homme posséderait le pouvoir de guérir les malades, d'exorciser les démons et de prédire l'avenir... C'est en tout cas ce que croient les étrangers qui se rendent sur l'île. Mais le moine, qui souffre d'avoir commis une terrible faute dans sa jeunesse, se considère comme indigne de l'intérêt qu'il suscite...

Avec ce film, le réalisateur russe Pavel Lounguine opère un changement radical. A la fin des années 80, il avait tourné son premier long métrage, Taxi blues, plongée nocturne et alcoolisée dans sa ville natale, Moscou. A travers la relation, tantôt hostile tantôt amicale, qui unit un chauffeur de taxi à un saxophoniste, le cinéaste brossait un portrait de la société russe à l'heure de la perestroika. J’avais bien aimé ce film empreint d’un humour grinçant, puis, dans la même veine, Luna Park (1992) et La Noce (2000).

Lounguine (cité par Allociné) marque avec L'île un tournant dans sa carrière en abordant la religion : « Le film parle de l'existence de Dieu. Il arrive un moment dans la vie où cela devient une question primordiale. » Mais ce nouvel opus me laisse perplexe. Certes le film est bien fait, l’image superbe, l’interprétation impeccable (mention spéciale pour Piotr Mamonov qui était déjà, il y a près de vingt ans, le héros de Taxi Blues)… Mais qu’est-ce que Lounguine cherche à nous dire ? Que hors de la foi (et la foi chrétienne la plus traditionnelle qui soit), point de salut ? J’ai du mal à le croire – puisque c’est de croire qu’il s’agit.

Et l’édredon dans tout ça ? Ah, c’est l’une des rares scènes amusantes du film – car on ne rigole pas beaucoup avec Dieu dans l’île. Pour essayer de ramener son moine dans le droit chemin, le père supérieur du couvent, Philarète, vient loger avec lui dans sa cahute. Soi-disant pour chasser les démons, Anatoli enfume l’étroit logis, jette les belles bottes du père supérieur au feu et son édredon à la mer. Cet édredon matelassé, d’un beau rouge carmin, que Philarète avait rapporté d’un voyage au mont Athos ( !!!) est peut-être la seule tache de couleur vive du film, tout dans les blancs-gris-noirs.
Fuligineuse
Images Allociné
07:54 Publié dans scènes, écrans, images | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 26 avril 2008
Le cas échéant

Je ne sais pas ce que cela suggère pour vous, mais cette histoire de régularisation des sans-papiers « au cas par cas » ne me dit rien qui vaille. Parce que : dans ce pays, il existe des lois, des normes, des réglementations (que tous ces dispositifs soient justes ou non, ce n’est pas la question, enfin pas pour le moment). C’est ce qui fait que nous vivons dans un État de droit. Donc, ou bien la situation de ces gens est conforme aux exigences nécessaires à la régularisation, et il faut donc les régulariser sans plus attendre, ou bien elle ne l’est pas. Mais dire qu’on va les régulariser « au cas par cas », n’est-ce pas la porte ouverte à tous les arbitraires ? Aux décisions prises « à la tête du client » ? Aux bonnes ou aux mauvaises raisons que la personne ayant pouvoir de décider pourra prendre en compte ? Non, décidément, cette formule m’inspire la plus grande méfiance.
Fuligineuse
Image Skyrock
07:18 Publié dans actualités | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
mercredi, 23 avril 2008
Le point Némo

Il existe dans la Wikipedia une page intitulée Liste de points extrêmes du monde : le plus élevé, le plus bas, le plus au Nord, le plus au Sud, etc. On y apprend que le point Némo (latitude ) est le nom donné au pôle maritime d'inaccessibilité, c'est-à-dire le point de l'océan le plus éloigné de toute terre émergée.
Il est situé au centre d'une surface maritime sans aucune terre émergée de 22 420 000 km² (soit plus que l'ancienne URSS), à peu près équidistante de Pitcairn (île se trouvant près de Tahiti) au Nord, de la terre Marie Byrd en Antarctique au Sud, de l'île Chatham (dépendant de la Nouvelle-Zélande) à l'Ouest et du Sud du Chili à l'Est.
Voilà qui me plaît. Je pense à certaines personnes que j’enverrais volontiers séjourner au point Némo…
Fuligineuse
image : Le capitaine Némo au Pôle Nord
source : Commons Wikimedia
07:30 Publié dans magasin général | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 22 avril 2008
A la claire fontaine
A la claire fontaine,
M'en allant promener
J'ai trouvé l'eau si belle
Que je m'y suis baigné
Il y a longtemps que je t'aime
Jamais je ne t'oublierai
J’ai toujours aimé cette chanson anonyme qui remonte, semble-t-il, au 17e siècle. Il y a déjà plusieurs semaines que je suis allée voir le film de Philippe Claudel* « Il y a longtemps que je t’aime », et je ne suis pas arrivée jusqu’ici à le commenter, je ne sais trop pourquoi. Ce qui m’avait décidée alors à choisir ce film, c’était assurément ses interprètes, Kristin Scott-Thomas en tête, qui est à mon avis une actrice remarquable et que je trouve de plus extrêmement belle, d’une beauté sombre et intérieure ; mais aussi Elsa Zylberstein que j’avais beaucoup appréciée dans des films comme Ce jour-là de Raul Ruiz.

Le thème : Pendant quinze ans, Juliette n'a eu aucun lien avec sa famille qui l'avait rejetée. L’histoire commence quand Juliette, sortant de prison, retrouve sa jeune soeur, Léa, qui l'accueille chez elle, auprès de son mari Luc, du père de celui-ci et de leurs deux petites filles (adoptées). Le film va décrire les phases de son retour au monde des gens ordinaires, le regard qu’ils posent sur elle, la manière dont elle le reçoit.
Avant d'être cinéaste, Philippe Claudel est écrivain. Il a été remarqué grâce à ses romans Les Ames grises, pour lequel il a reçu le prix Renaudot, La petite fille de Monsieur Linh et plus dernièrement Le rapport de Brodeck. Il explique ainsi son choix de se lancer dans le septième art : "Qu'elles naissent grâce à des mots, de la pellicule ou des peintures - j'ai beaucoup peint à une époque de ma vie - les images m'intéressent. J'aime approfondir le monde avec elles, l'éclairer, l'interroger par leur intermédiaire, lui donner un reflet. Je suis depuis toujours un amoureux du cinéma. (...) C'est très compliqué de faire un film, ça demande tellement d'énergie, de temps, d'argent, on ne peut pas s'engager à la légère. C'est beaucoup plus épuisant que d'écrire. (...) Il faut avoir - et là je parle pour moi - un sujet qui profondément nous habite, pour pouvoir supporter tout ça, pour que le désir reste intact, flamboyant, vital. Ce qui a été le cas avec cette histoire-là." Le thème de l'enfermement tenait beaucoup à coeur à Philippe Claudel. Il est en effet familier avec l'univers carcéral, ayant été professeur en prison pendant onze ans. (Allociné)

Ce qui est réussi, dans le film, – à part l’interprétation qui est parfaite – c’est la découverte que l’on fait progressivement du passé de Juliette et de la raison qui l’a conduite en prison. Mais dans le même ordre d’idées, la fin est décevante et s’apparente trop, à mon sens, à un souhait (de qui ?) de happy end qui ne colle pas du tout avec le reste et, rétrospectivement, l’affaiblit, ce qui est dommage. (Je ne veux pas être plus explicite pour laisser les nouveaux spectateurs éventuels découvrir eux-mêmes ce qu’il en est.)
Fuligineuse
Images Allociné
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*Evidemment pour moi, Philippe Claudel a l’inconvénient de porter le nom d’un autre écrivain que je n’aime pas du tout, Paul Claudel. Mais je ne vais quand même pas le lui reprocher !
07:15 Publié dans scènes, écrans, images | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note


