mardi, 15 janvier 2008
La Grèce : lire en ligne
Bonne nouvelle ! Le site de publications numériques publie.net créé par François Bon vient de se doter d'une collection consacrée à la Grèce et qui sera animée par l'excellent connaisseur Michel Volkovitch.
Sur publie.net, des auteurs contemporains de langue française se réunissent pour éditer et diffuser de façon coopérative leur travail via les supports numériques. A un tarif unique de 5,50 euros le téléchargement, publie.net propose une large sélection de travaux contemporains, y compris d'essais critiques et de recherches textes-images.

(photo Fuligineuse)
Collection Grèce : c'est là...
Fuligineuse
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dimanche, 13 janvier 2008
Histoire d'oeuf
II est terrible
Le petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain
Il est terrible ce bruit
Quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim
(…)
(vous voulez la suite ? allez voir ici, où on peut aussi l’entendre dit par Serge Reggiani)

De manière bien plus prosaïque, terre à terre diraient certains, j’ai ensuite pensé aux œufs durs (que j’aime beaucoup) et à la manière de les éplucher – les puristes diront « écaler ». Il faut d’abord tapoter deux ou trois petits coups sur une surface dure (comme un comptoir de troquet) pour briser la coquille. On peut ensuite rouler l’œuf entre ses mains pour qu’elle (la coquille) se détache plus facilement. A noter qu’il vaut mieux ne pas faire cuire durs des œufs trop frais, car alors la coquille adhère à l’œuf et c’est la galère pour l’enlever éclat par éclat. Mais si elle se détache bien (avec un bruit tout à fait caractéristique), c’est un vrai plaisir. L’œuf en sort d’un blanc marmoréen, marbre dont il doit avoir aussi la fermeté. Compagnon incontournable des pique-nique à la campagne et des voyages en train. Et de la mayonnaise, dont l’étymologie est contestée (voir ici).
En Grèce – tiens je n’en ai pas parlé depuis longtemps – on encastre des œufs durs, à la coquille teinte en rouge, aux brioches traditionnelles de Pâques, les tsourekia. (recette chez Info Grèce )

Fuligineuse
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mercredi, 03 octobre 2007
Socrate revisité
La compagnie théâtrale Erinna, dont j'ai déjà parlé ici en juin dernier à propos de Sarane Alexandrian, présente actuellement et jusqu'au 13 octobre un spectacle musical et théâtral intitulé "Cabaret Socrate", à l'Espace Chateau Landon*. Il s'agit d'un hommage à Socrate composé de textes tirés de l'oeuvre de Platon, Xénophon et Aristophane, qui évoque la vie du philosophe et l'Athènes de son temps. Les styles et les genres se mélangent, avec le passage du jeu au chant et d'une langue à l'autre. Le spectacle (que je n'ai pas encore vu) est interprété par Fadhel Messaoudi (oud, chant, percussions) et Anastassia Politi (jeu et chant).
"Cabaret Socrate" constitue le premier volet d'une création, "Socrate parmi nous", dont le deuxième spectacle, "Socrate m'a dit", est basé sur un texte de Sarane Alexandrian. Dans cette pièce, Socrate dialogue avec une jeune femme d'aujourd'hui... Ce deuxième volet sera présenté en janvier 2008 à l'Espace Jemmapes**, nous aurons donc l'occasion d'en reparler.
Fuligineuse
image : Erinna
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*Espace Chateau-Landon : 31 rue de Chateau-Landon, 75010 Paris. Réservations au tel. 01 48 03 11 09 ou par mail reservation-je@crl10.net
**Espace Jemmapes : 116 quai de Jemmapes, 75010 Paris. Réservations : idem.
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dimanche, 30 septembre 2007
Le tombeau du poète
Dans l'île de Skyros (Sporades)
Sur la carte de Skyros que je consultais pour voir les routes praticables, j’ai soudain remarqué la mention « Tombe de R. Brooke ». Je me suis demandé qui cela pouvait être et on m’a dit qu’il s’agissait d’un poète anglais. Dès lors, je n’ai eu de cesse d’aller voir cette tombe.
La moitié sud de l’île, île qui est resserrée en son milieu comme la taille fine d’une jeune fille grecque, présente un aspect très différent de la moitié nord. Elle est aride, dépourvue d’arbres et la végétation se limite à d’étranges buissons semblables à des bonsaïs naturels. C’est aussi une région où se trouvent des zones militaires. Nous avons roulé assez longtemps entre ces pentes peu amènes, avec néanmoins la vue toujours magnifique sur la mer. Enfin, dans une petite oliveraie qui est soudain apparue en contrebas de la route, j’ai aperçu une tombe isolée entourée d’une grille de fer forgé peinte en vert.
Je ne connaissais rien de Rupert Brooke, poète anglais mort en Grèce en 1915, à l’âge de 28 ans. L’encyclopédie précise qu’il s’y trouvait pendant la 1e Guerre Mondiale, avec le corps expéditionnaire en Méditerranée de la Royal Navy, et qu’il est mort subitement, non par fait de guerre, mais d’une pneumonie contractée à la suite d’une piqûre de moustique ( !). Elle indique aussi qu’il était considéré comme « le plus beau jeune homme d’Angleterre ». Je ne savais rien de tout cela quand j’ai vu son tombeau, sauf la date de sa mort qui y est évidemment gravée. Une plaque de marbre apposée au pied de la tombe évoque des sentiments assez lyriques d’amour de sa terre natale. Comme Lord Byron cent ans plus tôt, Brooke est venu en Grèce pour y mourir prématurément d’un destin contraire plutôt que de la rencontre avec un insecte pernicieux. Je ne saurais dire à quel point cette tombe solitaire sous l’ombre des oliviers, perdue au milieu de rien, suscitait une tristesse douce et pénétrante. Qui se souvient encore de lui ? Qui se souvient des disparus ? Je retourne souvent au poème de Lamartine (mis en musique par Brassens), « Pensées des morts ».
Fuligineuse
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mercredi, 12 septembre 2007
La Grèce m'obsède
Un ami me raconte, au téléphone, une histoire qui concerne une autre personne, peu importe qui. Cela remonte aux années 60, à la guerre d'Algérie. Et là il me dit : "Tu comprends, il était sursitaire..." Et moi j'entends spontanément : "Tu comprends, il était sur Cythère..." Je vous jure, je suis bonne à embarquer.
Fuligineuse
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dimanche, 26 août 2007
La Grèce brûle
La Grèce brûle et moi qui aime tellement ce pays, cela me bouleverse. J’ai mal et j’ai peur pour ceux qui sont là-bas. Les éléments se déchaînent et l’impuissance des êtres humains se révèle une fois de plus. Je sais trop bien aussi que l’incurie et la désorganisation endémiques dans ce pays (ce n’est pas parce qu’on aime une personne ou un pays qu’on ne voit pas ses défauts) vont compliquer la tâche des pompiers et des secouristes. Je pense à des momentss d’insouciance dans ce pays et aux périodes tragiques qu’il a vécues. Je ne peux rien faire d’autre.
Fuligineuse

Santorin, mai 2005
Je n'ai pas voulu mettre une photo des incendies
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dimanche, 03 juin 2007
A propos de la Grèce
Pour tous ceux qui s'intéressent à la Grèce : à partir de lundi 4 juin et jusqu'à jeudi 7 juin, une série d'émissions de France Culture dans la série "La Fabrique de l'Histoire" d'Emmanuel Laurentin. Tous les matins à 9 h 05.
+++ voir (et entendre) aussi sur le site de Radio-France cet hommage à Jean-Pierre Vernant.
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mardi, 08 mai 2007
Une journée entière dans le labyrinthe
S'y perdre ou s'y trouver ? Parmi les images les plus riches de symboles que l’on retrouve de manière récurrente dans la littérature et les arts plastiques figure assurément le labyrinthe. Source inépuisable d’inspiration métaphorique, utilisé à des fins ésotériques dans les cathédrales, représenté fréquemment dans les jardins à la Renaissance, le thème du labyrinthe se réfère à des mythes antiques. Au sens le plus large, c’est une image qui revêt une signification métaphysique, celle de l’homme perdu face à un univers incompréhensible et cherchant à trouver les réponses à ses questions.
Fuligineuse
"Mais rien ne m'a paru aussi dense et d'un vert aussi sombre que le labyrinthe d'ifs, agencé au beau milieu de cette propriété mystérieuse, dans lequel je m'égarai tant et si bien que je ne parvins à en sortir qu'après avoir tiré un trait dans le sable blanc, avec le talon de ma botte, devant chaque couloir d'ifs qui s'était révélé sans issue". (W.G. Sebald, Les Anneaux de Saturne, p. 58)

Le musée du Louvre consacre prochainement une programmation de son auditorium au thème du labyrinthe, du 14 mai au 18 juin, avec des conférences, des projections de films et le jeudi 24 mai, une journée entière de débats sur le thème :
Le jardin comme labyrinthe du monde - Permanence et métamorphoses d’un imaginaire de la Renaissance à nos jours.
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image : François Habert, L’amant infortuné,
1520-1530, musée Condé, Chantilly
© Photo RMN, René-Gabriel Ojéda
Dispositifs spatiaux et symboliques, labyrinthe et jardin partagent la même vocation à constituer une représentation de l’univers.
Tandis que l’image du labyrinthe visualise par excellence et condense en une sorte de diagramme la complexité du réel – contemplée et maîtrisée d’un point de vue transcendant ou bien vécue et subie d’un point de vue immanent –, le jardin, nous rappelle Michel Foucault, « c’est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde ».
Quels rôles joue le labyrinthe dans la conception des jardins ? En quoi certains jardins fonctionnent-ils comme des labyrinthes ? Quels liens le labyrinthe entretient-il avec d’autres topoi du jardin comme la grotte ou le théâtre de verdure ? Quels sont les enjeux anthropologiques, philosophiques, scientifiques, etc., qui sous-tendent la double assimilation du jardin et du labyrinthe au monde ?
À partir de ces questions, la rencontre se propose de réfléchir sur la fascination, parfois obsessionnelle, qu’a exercée l’association entre labyrinthe et jardin dans la culture occidentale, les continuités et les ruptures de cet imaginaire depuis la Renaissance jusqu’à nos jours. La matinée sera consacrée à un panorama historique à l’échelle européenne, l’après-midi à des analyses et à des témoignages à propos des expériences contemporaines.
La page de l'auditorium du Louvre
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samedi, 18 novembre 2006
Le Mont Athos "externalisé"
On pouvait y voir également le plus ancien « typikon » (charte) délivrée par l’empereur Ioannis Tsimiskis en l’an 972 et signé par le Bienheureux Athanassios, supérieur du monastère de la Meyisti Lavra qu’il venait de fonder.

La Sainte Montagne est un nome (département) de la République de Grèce qui jouit d'un statut particulier. Les vingt monastères forment une communauté théocratique autonome confirmée en droit international par le traité de Lausanne en 1926. Elle est placée dans la juridiction du Patriarcat œcuménique de Constantinople et bénéficie d'une autonomie interne. Un gouverneur civil nommé par l'État grec traite des questions administratives et judiciaires. Tous les moines, grecs et étrangers, ont les mêmes droits. Ceux d'origine étrangère ont droit automatiquement à la nationalité grecque. La république est dispensée d'impôts et les moines ne sont pas soumis au recensement. Lors de l'adhésion de la Grèce à la Communauté européenne, un article spécifique a été intégré au traité d'adhésion pour indiquer que le Mont Athos garderait en Europe le statut que lui reconnait la Grèce. La Sainte Communauté, comprenant vingt représentants de chacun des vingt monastères, en est l'organe délibératif. La Sainte Épistasie, qui compte quatre membres, en est l'organe exécutif. Les vingt monastères sont en effet répartis en cinq groupes de quatre qui gouvernent ensemble pendant un an puis cèdent leur place au groupe suivant.

La capitale de la Sainte Montagne est la bourgade de Karyès. Ses maisons sont rassemblées autour du Protaton, une église dédiée à la Vierge Marie, Panayia Theotokou (Mère de Dieu), qui est considérée comme l'higoumène (abbesse) de tous les athonites. Cette église conserve l'icône de la Vierge "Axion estí". L’église est notamment ornée de fresques du 13e siècle dues au peintre Emmanuel Panselinos, dont on disait qu’il « brillait dans l’art de la peinture comme le soleil et la lune » (« panselinos » signifie « pleine lune »).
On sait que la Sainte Montagne est strictement interdite aux femmes, et même aux animaux femelles, à l'exception des poules, dont les œufs sont nécessaires à la fabrication des peintures pour les icônes. Même pour les hommes, l'accès en est règlementé : la possession d'un laissez-passer (le « diamonitirion ») délivré par les autorités athonites est nécessaire pour pouvoir embarquer dans les bateaux à destination du Mont Athos. L'accès ne se fait que par la mer. Une barrière sépare la partie monastique du reste de la presqu'île.

Informations
- sur l'église de Protaton à Karyes
- sur le Mont Athos en général : Agioritiki Estia – Foyer Aghiorite
Fuligineuse
Annexe
Extrait d’un texte de fiction de mon ami Selian intitulé « Intailles »
« Désorienté, Laurent décide de se rendre dans le nord de la Grèce dans un premier temps, afin d’y visiter le Mont Athos. (…) Il avait eu connaissance des monastères du Mont Athos par un jeune homme qui avait failli faire partie de la petite bande à ses débuts, mais qui s’était en fin de compte révélé d’un aspect mais surtout d’une conversation trop austère, selon l’opinion générale. Le jeune homme s’était rendu sur cette presqu’île de la Chalcidique, gravissant la Sainte Montagne, et il était revenu émerveillé de sa retraite parmi les moines orthodoxes, dans la contemplation des icônes lentement noircies d’encens, entre les genêts et la marjolaine.
Laurent était parti dans le désir de rompre, aussi lui prend-il la fantaisie de les visiter également. Il veut de l’austérité. Il ne sait hélas pas qu’il faut obtenir une autorisation spéciale délivrée au préalable par le représentant du Patriarche de Constantinople ; accordée d’habitude à tout homme, mais après un peu plus d’une semaine de démarches. Il se trouve dans l’office de tourisme d’Ouranoupoli, la dernière bourgade avant la presqu’île sacrée, une pièce blanche, un bureau sombre et de grandes cartes de couleurs aux murs. L’une d’elles représente le Mont Athos, où s’égrènent les monastères et leurs dates de fondation. Le nom de l’un d’eux lui donne une impérieuse envie de s’y rendre, de s’y trouver à l’heure même :
Fête votive le 24 juin
XIVe siècle
Saint Denys de Korisos
Dès lors, il se liquéfie quand on l’informe qu’il doit remplir diverses paperasseries, comme une déclaration de foi orthodoxe. « Mais quelle est cette plaisanterie ? Je ne suis pas orthodoxe ! - C’est une simple formalité, lui affirme-t-on, comme les autres documents, vous ne devez pas vous inquiéter de cela – Oui, je n’en doute pas, mais la procédure prend beaucoup trop de temps. C’est maintenant que je veux être là-bas. C’est très important pour moi, je vous l’assure, combien de temps me dîtes-vous ? – Un maximum de deux semaines, je peux même essayer de vous gagner deux ou trois jours sur la procédure normale, je ne peux rien vous promettre, la demande doit être transmise à Constantinople – Attendre deux semaines ! Mais c’est impossible, je ne veux pas attendre ! C’est impérieux. Je n’y suis pas du tout habitué ».
(Finalement, l’impatient Laurent renonce à sa tentative…)
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jeudi, 16 novembre 2006
Dans les rues d'Ano Poli
Dans le vieux quartier d’Ano Poli (la « ville haute »), à Thessalonique, les maisons sont minuscules, accrochées au rocher. Le manque d’espace n’empêche pas qu’elles soient agrémentées de quelques jardins (minuscules aussi).
Le matin où nous nous y sommes promenés, le temps était frais et humide, c’était un lundi, il n’y avait pas un chat dans les petites rues tortueuses. Peu de commerces non plus. Une vitrine poussiéreuse où une pancarte annonce « L’atelier de fabrication d’orgues de Barbarie a été transféré. » Le temps s’est arrêté à Ano Poli.
Fuligineuse

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