vendredi, 18 juillet 2008
Poème qui se boursoufle
Obaldia a parlé un jour de sa pantoufle
Où quelque chose cloche… Alors que le vent souffle,
J’erre sur la banquise où j’ai perdu ma moufle,
Maudissant le destin, le traitant de maroufle.
Je n’ai plus rien de chaud pour que je m’emmitoufle
Et rêve d’un igloo où manger la cartoufle.
Fuligineuse
--- Si vous ignorez le sens du dernier mot de ce poème, lisez les commentaires de la note précédente.
08:07 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
samedi, 10 mai 2008
Nous ne sommes pas d’ici
Nous ne sommes pas d’ici.
Il n’y a aucun doute là-dessus : nous venons d’ailleurs.
On ne nous a pas demandé d’où.
On ne nous a pas demandé pourquoi.
On ne nous a pas demandé si.
Mais nous savons bien que nous sommes différents.
Cela se voit de tant de manières.
Les yeux que j’ai derrière le crâne.
La capacité que tu as de marcher sur les murs.
Ce n’est pas étonnant qu’on nous regarde.
Nous parlons pourtant à tout le monde.
Nous sommes différents mais nous sommes bienveillants.
Nous voulons être avec vous aussi.
Vous pouvez venir avec nous.
N’ayez pas peur de nous.
N’ayez pas peur de nous.
Vous pouvez venir avec nous.
Nous voulons être avec vous aussi.
Nous sommes différents mais nous sommes bienveillants.
Nous parlons pourtant à tout le monde.
Ce n’est pas étonnant qu’on nous regarde.
La capacité que tu as de marcher sur les murs.
Les yeux que j’ai derrière le crâne.
Cela se voit de tant de manières.
Mais nous savons bien que nous sommes différents.
On ne nous a pas demandé si.
On ne nous a pas demandé pourquoi.
On ne nous a pas demandé d’où.
Il n’y a aucun doute là-dessus : nous venons d’ailleurs.
Nous ne sommes pas d’ici.
Fuligineuse
janvier 08
10:16 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 20 avril 2008
L'offrande à Anna
L'Offrande à la Nature

Nature au cœur profond sur qui les cieux reposent,
Nul n’aura comme moi si chaudement aimé
La lumière des jours et la douceur des choses,
L’eau luisante et la terre où la vie a germé.
La forêt, les étangs et les plaines fécondes
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,
Je me suis appuyée à la beauté du monde
Et j’ai tenu l’odeur des saisons dans mes mains.
J’ai porté vos soleils ainsi qu’une couronne
Sur mon front plein d’orgueil et de simplicité,
Mes jeux ont égalé les travaux de l’automne
Et j’ai pleuré d’amour aux bras de vos étés.
Je suis venue à vous sans peur et sans prudence
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,
Ayant pour toute joie et toute connaissance
Votre âme impétueuse aux ruses d’animal.
Comme une fleur ouverte où logent des abeilles
Ma vie a répandu des parfums et des chants,
Et mon cœur matineux est comme une corbeille
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.
Soumise ainsi que l’onde où l’arbre se reflète,
J’ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs
Et qui font naître au cœur des hommes et des bêtes
La belle impatience et le divin vouloir.
Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature.
Ah ! faut-il que mes yeux s’emplissent d’ombre un jour,
Et que j’aille au pays sans vent et sans verdure
Que ne visitent pas la lumière et l’amour...
Anna de Noailles, Le Coeur Innombrable
Note de Fuligineuse :
Il est bien étrange que Marc (merci à lui) me communique ce poème au moment où je lis le livre brûlant de Marina Tsvetaeva, Vivre dans le feu, où est incluse une lettre qu'elle écrività Anna de Noailles en 1927.
Source image : site Les amateurs de Rémy de Gourmont
09:34 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 04 avril 2008
Nouvelle fable express
Il m’attendait près du pont, vêtu de sa canadienne.
Mais le printemps, lui, était encore loin.
C’était près d’un pont d’érable.

Giuseppe Arcimboldo, Le Printemps (1573)
Musée du Louvre, Paris
Image Web Gallery of Art
07:15 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
jeudi, 14 février 2008
Je suis la gardienne du sablier

Je suis la gardienne du sablier
Je ne risque pas un jour d’oublier
Ses lettres brodées sur mon tablier
Son humeur de chat ou de sanglier
Quand je veux de lui un mot publier
Sur une tablette en long peuplier
Il me faut alors longtemps supplier
Et les arguments lui multiplier
Fuligineuse
image de Miroslav Yajdi sur OpenPhoto
06:55 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 06 janvier 2008
Complainte du Veilleur de Rosée

Je suis le veilleur de rosée
Et vous écoutez ma complainte
Qui dans la nuit tristement tinte
Sans dire la question posée
Je suis le veilleur de rosée
La nuit est mon grand domicile
Lorsque dorment les imbéciles
C’est la douceur que j’ai dosée
Je suis le veilleur de rosée
Chez moi pas de grands sentiments
Juste un petit pressentiment
De la douleur que j’ai causée
A la fille la plus osée
Celle qui guette mon passage
Celle qui pour moi n’est pas sage
Je suis le veilleur de rosée
Fuligineuse
Image : Hendrick Terbrugghen, Boy Playing a Fife (1621) - Staatliche Museen, Kassel
Source : Web Gallery of Art
10:07 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
jeudi, 13 septembre 2007
Insomnie (suite)
Un poème de Philippe Desportes (1546-1606)
Je crois que tout mon lit de chardons est semé !
Qu'il est rude et mal fait… Hé ! Dieu, suis-je si tendre
Que je n'y puis durer ? je ne fais que m'étendre,
Et ne sens point venir le Somme accoutumé.
Il est après minuit, je n'ai pas l'oeil fermé,
Et mes membres lassés repos ne peuvent prendre.
Sus, Phébus, lève-toi ! ne te fais plus attendre !
Et de tes clairs regards rends le ciel allumé.
Que la nuit m'importune, et m'est dure et contraire !
Mais pourtant c'est en vain, ô Phébus, que j'espère
D'avoir plus de clarté par ton nouveau retour :
Car je serai couvert d'une effroyable nue,
Tant qu'un plus beau soleil, qui me cache sa vue,
Vienne luire à Paris et m'apporte le jour.
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06:55 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
dimanche, 15 juillet 2007
Processus
Au risque d’un hiatus
Je lis le prospectus
Disposée en lotus
Le mental en cactus

Il me vient un rictus
Sous les eucalyptus
Mais de cela motus
Jamais de détritus
Fuliginus
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dimanche, 01 juillet 2007
Le point limite
"CETTE ENTRÉE À VIE ET À MORT
DANS LE MERVEILLEUX
EST POUR MOI LE POINT NÉVRALGIQUE
DE L’EXISTENCE
LE POINT LIMITE À PARTIR DUQUEL LA VIE
COMMENCE À VALOIR LA PEINE D’ÊTRE VÉCUE"
Ghérasim Luca, L’Inventeur de l’Amour, p 45

détail de Giovanni Bellini, St Jerome Reading in the Countryside
1480-85, National Gallery, London
image : Web Gallery of Art
09:00 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 19 mai 2007
A supposer que...
Et si c’était un secret
Et si c’était une pyramide
Et si c’était une fêlure
Et si c’était un étirement
Et si c’était un balancier
Et si c’était une fougère
Et si c’était moi tout simplement
Et si c’était
Fuligineuse
00:10 Publié dans poème du dimanche | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note


