jeudi, 01 mai 2008

Je suis sourdingue

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La moitié du temps, quand on parle de « low cost », j’entends « holocauste », et quand on dit « à bas coût », j’entends « à Bakou »...

Fuligineuse 

lundi, 31 mars 2008

C’est clair

 

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De temps en temps je remarque une expression récurrente qui a le don de m’agacer. Ces derniers temps c’est (particulièrement à la télévision et encore plus particulièrement dans les journaux télévisés) la locution « En clair ». Une information nous est annoncée, puis le journaliste la répète (principe bien connu pour se faire entendre) en faisant précéder ce second énoncé de « En clair… » Primo, chaque fois cela me donne l’impression d’être prise pour une débile : j’avais compris la première fois, merci. Ensuite la plupart du temps c’est impropre, car la première formulation n’avait rien de mystérieux. Le TLF, dûment consulté par cette maniaque de Fuligineuse, nous apprend que « en clair » signifie  « en langage sans équivoque » ou « sans utiliser de code secret ». En clair, je vais vous dire : ces parleurs me cassent les pieds… et je suis polie.

Fuligineuse

PS : Oui je sais, la photo n'a rien à voir... 

lundi, 17 mars 2008

Excès au mot

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On ne saurait sous-estimer la valeur, en tous domaines, de la modération, la mesure, la recherche d’un juste milieu. Mais ce n’est pas toujours possible, de par la nature même des choses, de s’en tenir là. Et il serait dommage de passer à côté de ce que contient ce simple mot : l’excès. Auquel notre langue attache généralement une connotation péjorative, comme en atteste la définition du TLF :

Excès [Suivi d'un compl. prép. de formé d'un subst. non précédé de l'article; gén. avec une idée de jugement défavorable] Fait, acte d'aller au-delà de ce qui est permis, convenable dans le cadre d'une réglementation ou au regard des normes de la morale, de l'esthétique ou des convenances sociales. (…) [Au sing. et sans compl.] Type de comportement caractérisé par le dépassement de la mesure.

« L'excès caractérise et nos douleurs et nos joies; il produit et nos vertus et nos forfaits. Nous portons en tout une sorte d'enthousiasme, un certain besoin de nous livrer à toute la fougue du penchant, dans la colère comme dans la joie, dans la bienveillance, l'amour, les vengeances. Nos vertus sont extrêmes comme nos erreurs; car il n'est point de détermination sans passion, de passion sans excès, ni d'homme sans passion. » Senancour, Rêveries, 1799, p. 84.

Fuligineuse 

Image : Basile Lesgor, "Mercredi" (DR) 

mardi, 12 février 2008

Savoir et ignorance

Par pure perversité, je me suis demandé ce matin quel était le savoir dont je disposerais si tous les livres, toutes les bibliothèques, tous les ordinateurs avaient disparu. Je veux dire, le savoir censément emmagasiné dans ce qui me sert de mémoire, dans ma tête. Et là je pense aux connaissances les plus élémentaires, celles qu’on acquiert à l’école primaire, disons. S’il fallait les restituer parce que ce serait le seul moyen restant de les transmettre ? Eh bien je me rends compte que mes lacunes sont vastes, immenses, abyssales.
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Antonello da Messina : Saint Jerôme 
vers 1460

L’histoire, l’Histoire plutôt. Déjà, sortie de l’histoire de France, je ne sais pas grand-chose. Et même en histoire de France, quelle misère. Je pourrais peut-être dire deux ou trois choses sur la Révolution française. Mais le Moyen Age ? Mais l’Ancien régime ? Mais la 1e guerre mondiale ? Pffff…

 

La géographie, ça va à peu près. C’est d’ailleurs aussi parce que j’ai beaucoup voyagé, mais je connais à peu près la place des pays, les capitales, les frontières communes. Les fleuves, les montagnes. A peu près.

 

La grammaire, l’orthographe, ici je me sens plus à l’aise. Quoique pour les règles de grammaire… bien souvent je sais quelle est la forme correcte mais quant à savoir pourquoi il faut dire (et écrire) comme ça, c’est une autre paire de manches. La littérature, ça ira aussi, quand même, et je sais plein de vers par cœur, oui parfaitement, même les stances du Cid.

 

Les sciences exactes, ça se gâte. Mathématiques, oui, enfin les quatre opérations, la règle de trois, la preuve par neuf, bon juste ce qu’il faut pour compter « de tête ». Ça ne va pas plus loin. La géométrie : rien, sortie du nom des figures. L’algèbre, pas grand-chose (bon c’est vrai qu’on n’en fait pas à l’école primaire…) La physique et la chimie, encore moins (même remarque…) Les sciences naturelles, je ne sais pas comment on appelle ça maintenant, autant dire rien.

 

La musique ! Je chante juste (je crois) et je connais le nom des notes et leur place sur la clef de sol ! Là je vois bien que je marque un point.

 

Bilan global, ce n’est pas brillant. Mais je me dis toutefois que s’il le fallait, s’il n’y avait pas d’autre solution, je retrouverais peut-être un peu plus d’éléments de connaissance. Reste à savoir les transmettre, mais ceci est une autre histoire.


Fuligineuse

 

 

dimanche, 10 février 2008

Le présent du rêve

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J’ai commencé à lire (en diagonale) un livre de Michel Leiris, Nuits sans nuit et quelques jours sans jour (Gallimard, collection L’Imaginaire), qui rassemble des récits de rêves qu’il a faits. Ces récits sont écrits au présent de l’indicatif. Il me vient à l’idée que le temps du rêve est idéalement le présent. Dans le rêve on n’est que dans le moment présent, ni dans le souvenir, ni dans la projection du futur. Moi-même (qui note mes rêves dès qu’ils présentent une stucture narrative) j’utilise toujours pour cela le présent, et je crois que c’était également le cas du livre de Georges Perec, La Boutique obscure. On pourrait l’appeler le présent de l’onirique.

Fuligineuse 

Image : Basile Lesgor, Collatéral (DR) 

lundi, 28 janvier 2008

Le goût des bibliographies

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Plus j’écris d’articles (je ne parle pas des notes du blogue), plus je m’aperçois que mes bibliographies prennent de l’ampleur. J’ai toujours apprécié le fait de m’appuyer sur une bibliographie substantielle mais peut-être que je commence à exagérer. Car enfin, une bibliographie est certes nécessaire pour situer un sujet, une référence, un contexte ; elle doit être précise et rigoureuse ; elle doit surtout être pertinente car sinon, on peut mettre n’importe quoi à propos de n’importe quoi (certains ne s’en privent pas), et je pourrais, par exemple, conseiller de lire Trois Chambres à Manhattan de Georges Simenon (un excellent roman d’ailleurs...) pour mieux comprendre cette note : ce serait absurde. Donc oui, une bibliographie est nécessaire. Ce qui se passe, c’est que j’éprouve un plaisir spécifique à établir une bibliographie, travail qui se fait progressivement à mesure que la rédaction de l’article avance ; à préciser au fur et à mesure tel ou tel aspect du sujet, en fonction de l’importance qui va lui être donnée dans la hiérarchie globale du texte ; à éliminer, le cas échéant, un livre ou un document qui avait pu sembler initialement utile, voire incontournable ; enfin à considérer l’ensemble de la bibliographie achevée presque comme une œuvre en soi et en tout cas comme un potentiel de recherche ultérieure élargie à d’autres champs ou au contraire reconcentrée sur un aspect particulier du thème. Et c’est cela, je crois, qui me plaît. Je conserve d’ailleurs des bibliographies rencontrées dans certains ouvrages faisant partie de mes propres bibliographies, et qui ouvrent à des lectures à venir des pans entiers de découvertes.

 

Fuligineuse
image Amazon

 

samedi, 26 janvier 2008

Bibliomanie galopante

 

Encore une exposition de livres anciens, mais ce n’est pas moi qui vais m’en plaindre… A la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, sur le thème « Paris capitale du livre », une présentation qui, avec environ deux cents ouvrages, retrace les différentes étapes qui ont marqué dans cette ville l’évolution de l’imprimerie, du livre, de l’édition et de la presse.

 

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Je vais quand même râler un peu et c’est pour dire que je comprends, bien sûr, que l’on prenne des précautions afin que l’éclairage n’abîme pas les précieux livres exposés ; mais cela va un peu trop loin à mon sens, au point qu’on n’y voit rien (comme disait le regretté Daniel Arasse) ou presque. Ainsi j’ai collé mon nez mutin sur la vitrine abritant un grand in-folio de 1475, La Cité de Dieu de saint Augustin, pas moins, une pure merveille ; mais je n’y voyais guère mieux. J’ai été émue aussi de contempler le Dictionnaire Universel de Furetière de 1690, un vrai monument. Mais aussi des ouvrages beaucoup plus modestes, comme par exemple ce « catalogue des livres qui se vendent en la boutique de la Veuve de Nicolas Oudot, libraire, rue de la Harpe » (1722)…

 

Le rôle de l’écrit, de l’imprimerie et de l’édition est fondamental pour Paris, capitale d’un Etat centralisé. On y élabore les textes règlementaires, on y publie la littérature officielle mais aussi celle de l’opposition au pouvoir. Dès les débuts de l’imprimerie, Paris se pose en deuxième plus grand centre européen d’édition, en concurrence avec Venise. Le nombre de titres publiés et les effectifs professionnels de cette activité augmentent constamment sous l’Ancien Régime. Les transformations politiques de la Révolution et le développement de l’industrialisation du XIXe siècle renforcent encore ce secteur.

 

A noter que l’exposition comporte un grand nombre d’ouvrages sur l’histoire du livre, de l’imprimerie et de la typographie, un des plus anciens étant l’Histoire de l’Imprimerie de Jean de la Caille, en 1689.

 

Fuligineuse

 

Jusqu’au 3 février 2008

Bibliothèque historique de la Ville de Paris
Salle d’exposition 22, rue Malher Paris 4e
Tél. 01 44 59 29 40

Métro : Saint-Paul

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Un très bon article sur cette expo sur le site de RFI

 

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vendredi, 25 janvier 2008

Ni-ni pot de rien

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Ni Dieu, ni maître
Ni maître, ni néant
Ni feu, ni lieu
Ni armes, ni bagages
Ni fleurs, ni couronnes
Ni ange, ni bête
Ni fugue, ni raison
Ni rythme, ni maison

Fuligi-NIEUSE

Image : Chardin,
Nature morte au bocal d'olives
(1760)
Musée du Louvre

Web Gallery of Art 

 

samedi, 19 janvier 2008

Bon comme du bon pain

Allant à la boulangerie chercher mon pain, je me surprends à demander, au lieu d'une baguette "tradition", une "transition". Cela doit être signe de changement ? ou de désir de changement, du moins ?

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Baguette "Tradition"
Image Aux Pains d'Amour (miam !)

L'impermanence est notre loi.

C’est autrement dit : l’aiguillage, l’altération, l’alternance, l'alternative, l’amélioration, l’amendement, l’avatar, le balancement, la bascule, la bifurcation, le bouleversement, le branchement, le caprice, la cession, le chambardement, la commutation, la conversion, la correspondance, le coup d'état, le coup de balai, la déformation, le déguisement, la dénaturation, le déplacement, le dérangement, le devenir, la déviation, la différence, la distraction, la diversion, l’écart, l’échange, l’éclaircie, l’évasion, l’évolution, l’exotisme, la falsification, le fluctuation, le flux, le glissement, la gradation, l’impermanence, l’incertitude, l’inconstance, l’inégalité, l’infidélité, l’inflexion, l’innovation, l’instabilité, l’interversion, l’inversion, la légèreté, la métamorphose, la mobilité, la modification, la modulation, le mouvement, la mue, la mutation, la nouveauté, la novation, l’ondoiement, l’oscillation, la palinodie, la permutation, la phase, la pirouette, la refonte, la réforme, la relève, le remaniement, le remplacement, le remue-ménage, la rénovation, le renversement, le retour, le retournement, la rétractation, le revirement, la révolution, la substitution, le tohu-bohu, la transfiguration, la transformation, la transition, la transmutation, la transposition, la transsubstantiation, le travestissement, le troc, le vacillement, la variante, la variation, la variété, la versatilité, la vicissitude, le virage, la volte-face.

Il s’agit de changer : aggraver, altérer, alterner, améliorer, amender, bifurquer, bouger, bouleverser, chambarder, chambouler, commuer, contrefaire, convertir, copermuter, corriger, décaler, défaire, défigurer, déformer, dégénérer, déguiser, délasser, déloger, déménager, dénaturer, déplacer, déranger, désacclimater, désennuyer, devenir, dévier, diminuer, distraire, diversifier, écarter, échanger, émigrer, ériger, évoluer, faire, fausser, fluctuer, frelater, glisser, innover, intervertir, inverser, métamorphoser, modifier, monnayer, muer, mûrir, muter, papillonner, partir, passer, permuter, pervertir, quitter, rectifier, réduire, refondre, réformer, remanier, remodeler, remplacer, remuer, renoncer, renouveler, rénover, reprendre, retourner sa veste, révolutionner, s'expatrier, se convertir, se dédire, se déjuger, se déplacer, se développer, se modifier, se raviser, se retourner, se rétracter, se transformer, substituer, toucher, tourner, tourner bride, transférer, transfigurer, transformer, transmuer, transplanter, transposer, travestir, troquer, truquer, varier, virer, voltiger.

Et c’est comme ça tout le temps.

(Merci au dictionnaire des synonymes de l'Université de Caen)

 

mardi, 08 janvier 2008

Être soi-même

C’est le commentaire d’un visiteur et ami, Berlioz, qui m’a donné l’idée de cette note. Il écrivait (hier je crois) : « C'est dur de te suivre en ce moment. Elle est passée par ici, elle repassera par là. » Je n’ai pas pris cela comme une critique mais comme une interrogation, et chez moi cela en a suscité une autre. Car en effet, pour moi je n’ai pas changé de domaine, de direction, d’orientation, ni même d’état d’esprit global, même si des fluctuations quotidiennes se produisent évidemment. Je me sens au contraire, à mesure que le temps passe, de plus en plus cohérente et – comment dire ? – harmonieuse. Je ne veux pas dire par là que je sois en harmonie universelle avec le monde et les autres – j’aimerais beaucoup que ce soit le cas ! – mais en harmonie intérieure entre les divers éléments de mon moi. Bien sûr, cela n’est pas forcément apparent à l’extérieur.

 

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Et cela n’est pas forcément apparent sur le blogue, entre autres parce que je n’y montre que certaines facettes (convenablement polies) et non d’autres, notamment tout ce qui se rapporte à la sphère de l’intime. Même si certaines choses personnelles se révèlent certainement malgré moi, à l’insu de mon plein gré comme dit l’autre, à travers ce que j’écris. Choses que quelqu’un qui serait assez accro au Sablier pour lire absolument tout ce que j’y écris (on peut rêver !) pourrait sans doute décrypter. Mais je m’égare (de l’Est).

 

Être soi-même n’est assurément pas la chose la plus facile qui soit. (Je développerai peut-être une autre fois.) Et ce qui est étonnant, quand on n’est plus de la première jeunesse, ni même de la deuxième, c’est la distance qui vous sépare du/des moi(s) que l’on a été dans le passé. Comment, c’était moi, ça ? Comme sur une photo où on ne se reconnaît pas. Il paraît que nos cellules se renouvellent complètement sur une période de sept ans. Et qu’est-ce qui fait alors la continuité du moi ? C’est comme le couteau de je ne sais plus qui, appelons-le Roger, qui en change la lame, puis il change le manche, mais c’est toujours le couteau de Roger, le même couteau (et non un second couteau, ha ha ha).

 

Fuligineuse

Photo : de mon cru 

 

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