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mercredi, 29 octobre 2008

Au jour de notre mort

Memento mori est une locution latine qui signifie « Souviens-toi que tu mourras ». Elle désigne aussi un genre artistique de créations de toutes sortes, mais qui partagent toutes le même but, celui de rappeler aux hommes qu'ils sont mortels.

 

On dit que dans la Rome antique, la phrase était répétée par un esclave au général victorieux lors de la cérémonie du triomphe dans les rues de Rome. L’idée se trouve également dans la Bible : « Qu’on mange et qu’on boive, car demain nous mourrons ! » (Isaïe 22, 13). C’est aussi le thème du carpe diem (« cueille le jour ») des Odes d'Horace, qui comportent ce conseil : « Nunc est bibendum, nunc pede libero pulsanda tellus » (« Maintenant il faut boire, maintenant il faut frapper la terre d'un pied léger »).

 

Mais cette pensée s'est surtout développée avec le christianisme, dont l'insistance sur le paradis, l'enfer et le salut de l'âme ont amené la mort au premier rang des préoccupations. C'est pourquoi la plupart des memento mori sont des produits de l'art chrétien. Dans ce contexte, le memento mori acquiert un but moralisateur complètement opposé au Nunc est bibendum de l'Antiquité classique. Pour le chrétien, la perspective de la mort sert à souligner la vanité et la fugacité des plaisirs, du luxe et des réalisations terrestres, et devient ainsi une invitation à concentrer ses pensées sur la perspective de la vie dans l’au-delà.

 

medium_vanite.jpg
Vanité de 1630 de Pieter Claez. Image empruntée
à mon collègue Philippe(s) dans son blogue

 

Les domaines privilégiés du memento mori sont l'art et l'architecture funéraires, avec notamment le type de figure tombale appelée transi, en vogue au 15e siècle et représentant le corps délabré du défunt. Ce sont aussi les célèbres danses macabres, avec la Mort qui danse en emportant de la même façon le riche et le pauvre, que l’on retrouve dans pratiquement toute l’Europe aux 13e et 14e siècles dans de nombreuses églises. Certains types de nature morte sont désignés par le terme de vanitas, « vanité » en latin, parce qu'on glissait traditionnellement dans ce genre de peinture des symboles de mortalité, directs (crânes) ou plus subtils (une fleur qui perd ses pétales, un sablier qui montre le temps qui passe).

 

Peu après l'invention de la photographie, beaucoup de familles possédaient une photographie sur son lit de mort d'un de leurs membres récemment décédé. Je possède ainsi un livre reproduisant de telles images réalisées à la fin du 19e siècle ou au début du 20e au Guatemala.

 

C’était une note d’actualité : c’est bientôt la fête des Défunts (le 2 novembre et non pas le 1er comme on la célèbre souvent en France). Nous passons une fois par an à la date anniversaire de notre naissance, avec ou sans célébrations. Mais nous passons aussi une fois par an, sans le savoir, par la date qui sera celle du jour de notre mort… et cela ne nous perturbe guère, dans l’ignorance où nous en sommes.

 

Fuligineuse
Nombreuses informations tirées de l'article Wikipedia "Memento mori"

 

Trackbacks

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Commentaires

Moi, c'est plutôt au mois d'avril. Je file courir les grands bois, et dans le fouillis oblique de la lumière je dérange les verts papillons. Bien loin, grand ouvert sur la table de ma cuisine, mon agenda du jour est barré d'un grand : "mémento morilles".
Vive le printemps !

Ecrit par : delest | mercredi, 29 octobre 2008

A Delest:l'exacte pincée de "je sais pas quoi" sur le beau billet de Fuligineuse!

Ecrit par : Sophie L.L | vendredi, 31 octobre 2008

> Delest : Le printemps, il est bien loin encore... et j'ai plutôt des pensées d'automne... mais "memento morilles", il fallait le faire ! Les champignons, cèpe appareil !

> Sophie : merci...

Ecrit par : fuligineuse | samedi, 01 novembre 2008

Tu as également le In Ictu Oculi, de Valdes Leal, a Séville

Ecrit par : selian | samedi, 01 novembre 2008

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