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samedi, 22 mars 2008

Du sang et de l’huile

 

 

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« Il va y avoir du sang », on aurait pu traduire ainsi le titre du film « There will be blood », je déteste cette manie de conserver les titres en anglais (j’en ai déjà parlé), voire d’inventer de faux titres en anglais qui ne sont pas les titres originaux (mais ce n’est pas le cas ici).


Le film de
Paul Thomas Anderson (auteur du très beau « Magnolia » en 2000) montre bien à quel point le cocktail pétrole + religion – toujours d’actualité aux Etats-Unis – peut être explosif. Adapté du roman « Pétrole ! » écrit par Upton Sinclair en 1927,  tourné au Nouveau-Mexique et au Texas, le film se situe au début du XXe siècle, dans une industrie pétrolière encore balbutiante : précautions de sécurité inexistantes, techniques artisanales - le prospecteur utilise encore la technique de forage par percussion et non la méthode de forage « rotary » (par rotation) qui s’est imposée par la suite.

 

Parenthèse : La légende veut que le « colonel Drake » ait été le premier, en 1859, à produire du pétrole depuis un puits spécifiquement foré dans ce but, provoquant la naissance de l’industrie pétrolière. L’idée était simple : puisque le pétrole qu’on trouvait en surface semblait fuir depuis des réserves souterraines, on devait pouvoir en produire beaucoup plus en creusant pour accéder directement à celles-ci. Il fora donc son puits en Pennsylvanie et produisit les premiers barils de l’ère moderne. Les États-Unis en produisirent 274 tonnes en 1859. (L’année précédente, le seul pays producteur était la Roumanie avec 200 tonnes.) A titre de comparaison, il se produit aujourd'hui dans le monde environ 87 millions de barils/jour (chiffres du 1er trimestre 08), soit 4,35 milliards de tonnes/an… (Fin de la parenthèse).

 

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« There will be blood » raconte l’histoire de Daniel Plainview (interprété par le prodigieux Daniel Day-Lewis, dûment oscarisé), un prospecteur pétrolier qui entend parler d’une petite ville de Californie où l’on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol. Il décide d’aller y tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston, un village perdu à la terre ingrate, où chacun lutte pour survivre. Mais le sous-sol de la région est effectivement saturé de pétrole (que les Américains appellent simplement « oil », l’huile) et Plainview va tout faire pour s’en emparer. Avec la communauté locale, dominée par un prêtre fanatique, animateur d’une petite église qui proclame la religion de la « Troisième Révélation », les tensions s’intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines sont piétinées. Ça finira mal : on nous l’avait dit depuis le début, « il va y avoir du sang ».

 

Daniel Plainview est un personnage fascinant, ambitieux, brutal, voire cruel, un bloc de haine envers ses semblables, impitoyable avec ses proches, son fils, son « frère » Henry (je mets des guillemets parce que ce n’est pas vraiment son frère, mais je ne tiens pas à dévoiler cet épisode passionnant). Le film est magnifiquement servi par une interprétation brillante, une musique originale, un réalisme saisissant quant à la rudesse de la vie quotidienne dans la Californie des années 1900.

 

Fuligineuse 

images Allociné

Lire aussi : la critique de Contrechamp Media 

Commentaires

Bonjour Fuligineuse,

Je viens de lire un article sur les évolutions de ponctuation qui pourrait t'intéresser (Un rien hors sujet !) :

http://rue89.com/et-pourtant/un-appel-du-mouvement-contre-la-disparition-du-point-virgule-0

Joyeuses Pâques ! :)

Ecrit par : Audrey H. | lundi, 24 mars 2008

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