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lundi, 17 mars 2008

Excès au mot

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On ne saurait sous-estimer la valeur, en tous domaines, de la modération, la mesure, la recherche d’un juste milieu. Mais ce n’est pas toujours possible, de par la nature même des choses, de s’en tenir là. Et il serait dommage de passer à côté de ce que contient ce simple mot : l’excès. Auquel notre langue attache généralement une connotation péjorative, comme en atteste la définition du TLF :

Excès [Suivi d'un compl. prép. de formé d'un subst. non précédé de l'article; gén. avec une idée de jugement défavorable] Fait, acte d'aller au-delà de ce qui est permis, convenable dans le cadre d'une réglementation ou au regard des normes de la morale, de l'esthétique ou des convenances sociales. (…) [Au sing. et sans compl.] Type de comportement caractérisé par le dépassement de la mesure.

« L'excès caractérise et nos douleurs et nos joies; il produit et nos vertus et nos forfaits. Nous portons en tout une sorte d'enthousiasme, un certain besoin de nous livrer à toute la fougue du penchant, dans la colère comme dans la joie, dans la bienveillance, l'amour, les vengeances. Nos vertus sont extrêmes comme nos erreurs; car il n'est point de détermination sans passion, de passion sans excès, ni d'homme sans passion. » Senancour, Rêveries, 1799, p. 84.

Fuligineuse 

Image : Basile Lesgor, "Mercredi" (DR)