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samedi, 15 mars 2008
Du bon usage de l'individualisme

"Chacun de nous doit tirer au clair la nature de sa propre personnalité, (...) il doit consacrer sa vie à se perfectionner moralement et à devenir ce qu'il est. Si nous accomplissons cette tâche, nous servons en même temps la cause de l'humanité, car toutes les valeurs propres à la culture (religion, art, poésie, philosophie, etc.) résultent de cette démarche. Lorsqu'on suit cette voie, l'individualisme si souvent décrié devient le serviteur de la communauté et perd le caractère odieux de l'égoïsme."
Herman Hesse, Lettres (Calmann-Lévy, 1981)
Image : Petrus CHRISTUS,
St Eligius in His Workshop (1449)
Metropolitan Museum of Art, New York
Web Gallery of Art
07:52 Publié dans paroles | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note



Commentaires
Et c'est la "maîtrise culturelle du monde qui apporte du bonheur" comme le disait mon PéPé Pasolini dans ses Lettres Luthériennes.
Ecrit par : Marc LM | samedi, 15 mars 2008
La nature (Dieu diraient les Chrétiens) nous demande-t-elle autre chose que d'être pleinement nous-mêmes? Affirmer ce que nous sommes n'est-ce pas pour cela que nous sommes là? Un chat est chat jusqu'au bout des ongles sans faire aucun effort. Nous, il nous faut faire cet effort pour parvenir à nous affirmer pleinement. Mais ce n'est qu'une fois cet équilibre atteint que nous avons assez de forces pour donner autour de nous. La société n'est donc forte que si elle est composée d'êtres en accord avec eux-mêmes.
Ecrit par : Feuilly | samedi, 15 mars 2008
J'ai un peu de mal avec le mot « individualisme » comme avec celui d'individu. Le terme d'individu me semble s'opposer toujours à la collectivité ; c'est une façon de marquer la différence, les distinctions.
Je préfère parler des « personnes » et de l'univers personnel. La personne est un sujet qui cherche à développer le maximum de son potentiel, à s'épanouir pleinement, non pas pour s'isoler et se renfermer chez soi avec ses qualités, mais pour participer plus entièrement encore à la vie de la communauté. Il va de soi que pour maintenir l'équilibre, la personne sait aussi sauvegarder ses moments de bénéfique solitude. Et, comme le suggère Feuilly, l'une des premières responsabilités de l'être humain, c'est de s'épanouir et de servir d'exemple et d'inspiration, non pas dans l'esprit de compétition, mais dans celui d'émulation...
Ecrit par : Alcib | dimanche, 16 mars 2008
L'individu-alité, voilà qui coûte cher à la Sécurité Sociale.
Ecrit par : delest | dimanche, 16 mars 2008
Merci à tous :
- à Marc pour la référence à Pasolini (sur lequel je reviendrai bientôt),
- à Feuilly pour avoir si bien résumé, en quelques lignes, une des contradictions essentielles de la condition humaine (oh la la je cause majuscule, aujourd'hui !),
- à Alcib pour avoir rappelé que la solitude n'est pas toujours d'essence négative,
- à Delest pour m'avoir bien fait rigoler (ce qui n'est pas rien).
Ecrit par : fuligineuse | dimanche, 16 mars 2008
> PS pour Delest : ne pas oublier la pluralité dans l'héritage : l'indivis-dualisme.
Ecrit par : fuligineuse | lundi, 17 mars 2008
Quel tableau étonnant ! Quel métier exerce St-Eligius ? Comment Fuligineuse avez-vous fait le lien entre celui-ci et l'individualisme? Qui sont ces deux personnes dans le miroir qui semblent s'approcher de l'atelier ? Les beaux-parents ?
Je vais tenter de trouver des réponses de mon côté. Peut-être allez-vous nous offrir quelques pistes...
Ecrit par : Marc | lundi, 17 mars 2008
> Marc : que de questions !
St Eligius est tout simplement le nom latin (et anglais) de St Eloi, (v. 588 - 660), évêque de Noyon-Tournai, orfèvre et monnayeur, ministre des finances auprès du roi Dagobert (comme le rappelle la chanson). J'ai négligé, par paresse, de rechercher la traduction du titre du tableau, le site où je l'ai copié étant en anglais (mais basé en Hongrie).
Petrus Christus est un peintre flamand et un élève de Van Eyck. On peut voir d'autres oeuvres de lui sur le site du Metropolitan Museum of Art de New York : http://www.metmuseum.org
Le lien entre le tableau et le texte de la note n'est pas évident pour moi. A vrai dire, je m'interroge... pourquoi l'ai-je choisi ?
Quant aux deux autres personnages, je ne suis pas sûre. Selon la fiche Wikipedia sur St Eligius, (dans la version anglaise), St Eloi aurait offert à Ste Godeberthe une bague en or, qui est conservée au trésor de la cathédrale de Noyon. La dame au hennin pourrait donc être Godeberthe, mais pour le troisième larron, celui qui porte un chapeau de gendarme espagnol, je n'ai pas idée.
Ecrit par : fuligineuse | lundi, 17 mars 2008
Les deux personnages près de Saint-Eloi sont peut-être tout simplement des fiancés venus commander leurs anneaux de mariage ?
Ecrit par : Micheline | lundi, 17 mars 2008
Voir aussi les Ménines de Vélasquez, où on retrouve ce miroir réfléchissant des personnages extérieurs au tableau (peut-être le roi et la reine, parents des princesses et commanditaires du tableau).
Ecrit par : Feuilly | lundi, 17 mars 2008
Merci à Fuli. Merci à Feuilly et à Micheline.
Ecrit par : Marc | mardi, 18 mars 2008
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