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samedi, 08 mars 2008
Femmes et truites
Samedi 8 mars sera la journée des femmes et naturellement, en tant que bonne vieille féministe, je reste convaincue que consacrer une journée aux femmes n’est qu’un alibi révélateur de la persistance de la domination masculine (j’entends déjà les hurlements…), les hommes ayant à leur disposition les 364 jours restants, et même 365 en 2008 puisque c’est une année bissextile.
Néanmoins, la célébration de cette journée revêt cette année un caractère particulier, car elle se trouve coïncider avec un évènement autrement plus important, à savoir l’ouverture de la pêche à la truite (j’ignore toutefois si c’est au niveau national ou seulement dans le Sud-Ouest où j’ai appris cette nouvelle). Voilà une discipline dont j’ignore tout ou presque. Mais la proximité des élections municipales m’incite à faire le lien, tant on oppose traditionnellement ceux qui vont faire leur devoir de citoyen en participant à ce scrutin (qui sera peut-être l’occasion pour les électeurs de faire passer un « message » ou un « signe » au gouvernement actuel…) et ceux qui préfèrent s’en désintéresser et aller à la pêche. Du coup, on peut d’ailleurs se demander si les autorités n’ont pas décidé de cette date d’ouverture afin d’encourager les abstentions… Mais je m’égare, une fois de plus.

Image U.S. Fish and Wildlife Service via Wikipedia
Quant à comparer la femme à une truite (les deux se faisant piéger, donc, le 8 mars), cela me ramène inévitablement à parler de Roger Vailland, dont le dernier roman (dernier au sens littéral du terme) s’intitulait justement La Truite. Il y faisait le portrait d’une jeune femme qui met en œuvre une stratégie de manipulation lui permettant de se servir des hommes sans leur accorder ses faveurs. (Somme toute, un personnage assez antipathique). Elle leur glisse entre les doigts comme un poisson à peine saisi. Vailland, lui, apprécie son intégrité, le fait qu’elle ne fasse rien qui ne soit conforme à sa nature profonde. Ce qui est, en soi, tout à fait estimable. Mais le livre vaut aussi par l’analyse en arrière-plan des mécanismes financiers et économiques qui régissent le marché libéral et donc le monde (cinquante ans avant l’époque actuelle…) et de la manière dont ils influencent les destins individuels. Donc, je conseille aux femmes dont le mari, l’ami, le compagnon ira à la pêche le 8 mars, d’en profiter pour lire Vailland.
Fuligineuse
07:25 Publié dans actualités | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note



Commentaires
On peut aussi écouter le quintette "La Truite" de Schubert et cela n'empêche pas d'aller voter!
http://www.dailymotion.com/related/1130801/video/xo79b_2-schubert-quintette-la-truite_music
ou écouter les Frères Jacques dans "Le complexe de la Truite" de Francis Blanche.
http://aubonsketch.ifrance.com/blanchetruite.htm
Bonne fête !
Ecrit par : Micheline | samedi, 08 mars 2008
Une petite pensée pour les truites, une grande pensée pour les détruites.
Ecrit par : delest | samedi, 08 mars 2008
“Aucun fils ne sait vraiment que sa mère mourra et tous les fils se fâchent et s’impatientent contre leurs mères, les fous si tôt punis.” Albert Cohen, le livre de ma mère.
En cette célébration de la journée de la femme, une pensée pour ma maman.
Ecrit par : mohamed | samedi, 08 mars 2008
ah je vais lire ça...cela dit s'il faut faire l'anguille c'est bien parce que le maquereau le veut, donc je me demande qui est le plus manipulateur des deux...
des truites, des truites d'accord mais que dire crevettes?
nb: je voudrais dire à mohamed que cantonner la femme à une mère c'est assez réducteur, et surtout très destructeur... des truites, des truites on vous dit
Merci Madame pour ce joli billet
Ecrit par : la physionomiste | samedi, 08 mars 2008
"cantonner la femme à une mère c'est assez réducteur"
Certes. Mais c'est essentiellement par leur rôle de mère que les femmes restent pénalisées sur le marché du travail. Ainsi, ce sont surtout elles qui prennent des interruptions de carrière ou des mi-temps quand les enfants sont petits. Par la suite, ce choix se retourne contre elles puisqu'elles ont moins d'ancienneté pour les promotions et moins d'années comptant pour la pension.
Ecrit par : Feuilly | samedi, 08 mars 2008
à Feuilly: oui c'est une vue d'hommes, bien sûr...
les femmes sont pénalisées parce qu'elles sont femmes tout simplement, avec ou sans enfants, de toute façon elles se font manger (par les patrons, les amants, les enfants,le temps...)
les mères là-dedans n'ont rien à faire, si ce n'est que c'est la seule image à laquelle les hommes renvoient la femme dans ses foyers, la seule image qui la poursuit depuis la nuit des temps, sainte Marie qui doit sauver l'enfant crucifié (elle a fait beaucoup d'enfant Marie...)
alors je crois que sa pension elle s'en fout comme de sa première communion...
Ecrit par : la physionomiste | dimanche, 09 mars 2008
M'a toujours surpris cette habitude d'opposer la pêche aux devoir (?i) électoral : en quoi le fait de passer une demi-heure, mettons même une heure, dans un bureau de vote, pourrait empêcher d'aller ensuite (ou avant) à la rivière ?
Ecrit par : Didier Goux | dimanche, 09 mars 2008
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