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mercredi, 05 mars 2008

Ulcérations

Encore un peintre que je connais peu, ou mal, et qu’une exposition récente m’a permis de mieux apprécier : Soutine. Et de plus j’y suis allée le tout dernier jour d’ouverture…

Cette exposition tenue en un lieu nouveau, la Pinacothèque (place de la Madeleine) comprend environ 80 tableaux, dont la majorité redécouvertes, restaurées et exposées pour la première fois. L’ensemble provient de collections privées et de musées internationaux français, japonais, suisses et américains.

Etrange personnage que Soutine avec toutes les légendes qui l’entourent, né en 1893 (ou 1894 ?) en Lituanie (ou en Biélorussie ?), arrivé à Paris en 1913, mort prématurément en 1943, ami de Modigliani…

« Qualifié à juste titre d’artiste expressionniste, il est le seul à avoir représenté ce mouvement en France alors qu’il est la base même de tous les mouvements qui se développent aussi bien en Allemagne qu’en Autriche à la même période, indique la Pinacothèque dans son texte de présentation. Véritable visionnaire, il transcende une réalité pour la transformer en une représentation imaginaire avec près d’un siècle d’avance. À la charnière de plusieurs mouvements à peine encore naissants, il s’appuie sur ses prédécesseurs les plus classiques et les plus illustres (Rembrandt, Courbet, Corot, Cézanne…) pour devenir le précurseur majeur des plus grands artistes contemporains : de Pollock à De Kooning. Référent pour tout le mouvement Cobra, mais également pour Bacon dont la puissance picturale est dans la stricte lignée de celle de Soutine. »

Cette filiation de Bacon est particulièrement sensible dans les portraits peints par Soutine et qui montrent des personnages décharnés, déformés, aux traits fortement accentués (avec souvent de gigantesques oreilles !) J’ai été ainsi très attirée par cette femme en bleu aux yeux démesurés désignée sous le nom de « la folle ».

Mais les paysages, eux aussi, subissent des transformations singulières, comme des étirements ou des torsions, comme celles d’un corps humain souffrant. Par certains aspects, et alors que leurs techniques picturales ne se ressemblent vraiment pas, Soutine me fait penser aussi à un autre peintre que j’aime beaucoup, Egon Schiele.

Fuligineuse

--- J'ai des images à mettre sur cette note mais Haut & Fort traîne tellement les pieds ce matin que cela attendra...