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vendredi, 29 février 2008
Un fauve en cage
Vu l’exposition Vlaminck au musée du Luxembourg. (Ce n’est pas la première fois que je le constate : ce musée présente d’excellentes expositions, mais… Mais l’espace est vraiment trop restreint, et l’affluence fait que l’on ne peut vraiment pas voir les toiles dans des conditions correctes.)
J’avais de Vlaminck (1876-1958) un souvenir surtout de bleus intenses comme celui de ce Champ rouge :

et c’est donc avec grand plaisir que j’ai constaté l’usage qu’il fait de la couleur rouge, extrêmement présente et intense dans des œuvres comme le Pont de Chatou (1905) (ci-dessous) ou le Verger (1907) ou encore la nature morte - de 1907 également - qui montre deux oranges (enfin, pas sûr que ce soit des oranges) et trois cafetières bleues sur un plan rouge.
L’exposition, indique le musée, rassemble des œuvres de 1900 à 1915, c’est-à-dire depuis les premières peintures de jeunesse connues (les réalisations antérieures, peintes dès l’âge de 17 ans, ont disparu) et qui affirment déjà la violence d’une expression caractéristique du peintre autodidacte, jusqu’à celles réalisées au début de la Première guerre mondiale, témoignant des recherches de restitution de l’espace qui l’animaient alors.
Dans un article assez sévère par ailleurs, Philippe Dagen estime que cette période constitue « la meilleure époque » du peintre : « Après 1918, son oeuvre s'est réduite à un paysagisme crépusculaire et neigeux produit en série. »
Un regard d’ensemble sur la production de Vlaminck à cette époque met en évidence la part essentielle qu’il prit au renouvellement de la peinture initié au début du siècle, l’inventivité des recherches qu’il mena avec Derain et qui firent de Chatou l’un des foyers les plus actifs de ce renouveau.
Dans cette période de grandes remises en question et de bouleversements esthétiques, l’œuvre de Vlaminck est à considérer à la fois à travers sa relation à la génération post-impressionniste qui l’a précédé (Van Gogh, Gauguin, les Nabis, Cézanne, Signac), et sa formidable audace qui le conduisit vers une gestualité expressive, une outrance de la couleur et une déformation sélective n’ayant craint aucun débordement : « Je haussais tous les tons, je transposais dans une orchestration de couleurs pures tous les sentiments qui m’étaient perceptibles. J’étais un barbare tendre et plein de violence » (Tournant dangereux, 1929).

Je suis intriguée par la toile dénommée « La Fille du Rat Mort » (quelqu’un peut-il me dire l’origine de ce titre ?), cette jeune femme au sein découvert, portant un chapeau rouge et, au genou, un ruban rouge sur ses bas noirs…
« J’ai tenté toute ma vie de peindre ces sentiments intraduisibles par la parole ou la plume en me servant de couleurs pour arrêter le film du temps et de le fixer sur la toile », déclarait Vlaminck en 1953.
Il écrit en 1948 dans son livre Portraits avant décès (éd. Flammarion) : « Ce que je voulais peindre, c’était l’objet lui-même avec son poids, sa densité, comme si je l’avais représenté avec la matière même dont il était formé ».

Selon Dagen, Vlaminck « aurait été le premier à acheter une sculpture africaine dans un bistrot d'Argenteuil ». Certaines des statuettes de sa collection sont ainsi exposées au musée du Luxembourg.
Fuligineuse
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"Vlaminck, un instinct fauve", Musée du Luxembourg, 19, rue de Vaugirard, Paris-6e. Tél. : 01-45-44-12-90. Jusqu'au 20 juillet. (Images du musée).
18:47 Publié dans de l'art ? j'adore ! | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note



Commentaires
"la fille du Rat Mort" c'est peut-être l'image de l'inceste fantasmé, ou consommé...
Ecrit par : la physionomiste | vendredi, 29 février 2008
"Au n° 7 actuel de la place, un limonadier s’installe en 1835. Cet établissement édifié à l’angle de la rue Frochot et de la place, se nommait "le Grand Café de la Place Pigalle" mais les clients vont s’empresser de le baptiser "le Rat Mort" en raison de l’odeur pestilentielle qui empuantissait l’endroit, ce qui ne l’empêchera pas de devenir le rendez-vous de tout ce qui comptait comme journalistes, écrivains, peintres et jolies dames esseulées. On pouvait aussi rencontrer tous les chiens du quartier, terriers, épagneuls, bichons havanais, lévriers, barbets, caniches, qui s’y livrent à des combats acharnés. Cet endroit est aujourd’hui un lieu de striptease."
dans ces cas là, il faut penser à une maison bien sûr !
http://www.terresdecrivains.com/Le-cafe-La-Nouvelle-Athenes-la
Ecrit par : paul | vendredi, 29 février 2008
oh et puis dis, (à ton âge) sais-tu ce que fut une "fille" dans ce sens EVIDENT et mit en scène, alors!
Ecrit par : paul | vendredi, 29 février 2008
On peut y lire aussi une prédiction, quant à l'agressivité dont faisait souvent preuve l'auteure de l'"amant".
La fille Duras mord.
Ecrit par : delest | vendredi, 29 février 2008
Je n'avais plus de souvenir précis des tableaux de Vlaminck, sauf que ses couleurs étaient fortes, même violentes.
J'aime ses rouges.
Je ne sais pourquoi, la première image me rappelle le film « Souvenir de Brokeback Mountain ».
On ne sait pas vraiment si l'odeur qui valut son nom au café en question provenait d'un rat que l'on y trouva sur une pompe à bière... Mais ce n'est sans doute pas de là que vient l'expression « s'ennuyer comme un rat mort », qui rappelle celle-ci « s'ennuyer comme une croûte derrière une malle ».
Sur l'histoire des cafés parisiens, ce site est très intéressant : http://www.paris-pittoresque.com/cafes/34.htm
Ecrit par : Alcib | samedi, 01 mars 2008
Merci à tous et surtout à Paul pour ses éclaircissements...
Et surtout ne regrettez rien : il vaut mieux avoir des rats morts que des regrets !
Ecrit par : fuligineuse | samedi, 01 mars 2008
"la fille Duras mord" c'est pas mal du tout! et explique bien ceci-cela... quand on sait que la Margot n'a pas tourné autour du pot.
il faudrait aussi se demander pourquoi une "fille" est devenue de joie...
je reste pour ma part sur la consonnance incestueuse de l'histoire, et que l'on retrouve si souvent dans les oeuvres picturales ou littéraires
Ecrit par : la physionomiste | samedi, 01 mars 2008
Vlà Minc ? Sarkozy doit pas êt' loin !
Ecrit par : Guillaume (si tu oublies de faire des jeux de mots vaseux, je peux toujours compenser ça) | samedi, 01 mars 2008
> Guillaume : je sais que je peux compter sur toi pour ça !!!
Ecrit par : fuligineuse | dimanche, 02 mars 2008
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