mercredi, 23 juillet 2008

Enfin une bonne nouvelle (il n’y en a pas tant…)

J’apprends par le Monde que l’Etat va affecter un montant de 50 millions d’euros à la rénovation du Musée de l'Homme. Les travaux devraient commencer en 2009 pour une réouverture prévue en 2012. C'est l'agence d'architecture bordelaise Brochet-Lajus-Pueyo (Olivier Brochet étant notamment l'auteur de la transformation du musée de l'Orangerie et du musée Fabre de Montpellier), qui a remporté le concours lancé l'an dernier pour ce projet de restructuration. « Le projet, indique l’agence, répond à deux ambitions : offrir au public un nouveau musée dont l’architecture réponde à sa vocation ; conserver et réhabiliter le monument du Palais de Chaillot. »

musee-homme.jpgHéritier du Musée ethnographique du Trocadéro, fondé en 1878, le Musée de l'Homme a été créé par l’ethnologue Paul Rivet à l'occasion de l'Exposition universelle de 1937. Il s'est constitué à partir des collections exceptionnelles des cabinets de curiosités et du Cabinet royal, rassemblées dès le 16e siècle, auxquelles se sont ajoutés les fonds d'anthropologie et de préhistoire du Muséum [d’Histoire naturelle], enrichis constamment par l'activité de recherche impliquant l'acquisition d'objets ethnographiques. Il détient actuellement une collection d’environ 30 000 pièces.

 
La publication (en 2004) du rapport sur la rénovation du Musée de l'Homme a marqué la première étape de ce grand projet. Depuis 2006, seules les expositions permanentes de préhistoire et d'anthropologie physique subsistent, ainsi qu'une partie des structures de recherche, toutes les collections ethnographiques ayant été déplacées au Musée du quai Branly. On se souvient que dès ce projet annoncé, ce choix avait déclenché une vive polémique, notamment avec une grève en 1999 des collaborateurs du musée de l'Homme qui s'opposaient au démantèlement des collections du musée de l'Homme en critiquant la primauté d’un choix esthétique au détriment des considérations scientifiques.

Fuligineuse 

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samedi, 19 juillet 2008

Métissages d’hier et d’aujourd'hui

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J’ai visité in extremis – étant donné qu’elle se termine le 19 juillet – l’exposition du Musée du Quai Branly intitulée « Planète Métisse ». Chaque fois que je vais à ce musée, c’est un peu le même scénario : je pars pleine d’enthousiasme et sur place je déchante. Non pas que la matière présentée manque de qualité ou de pertinence, mais en raison de la façon dont elle est présentée. Cette fois, l’exposition (de taille limitée) se tenait à l’étage supérieur du musée, dans un espace particulièrement étroit et contourné, où l’éclairage était si indigent (en plein jour) que j’ai craint de faire une chute (je suis douée pour chuter, et il n’est pas nécessaire de m’aider). Je mentionne seulement pour mémoire les cartouches de légendes placés parfois si bas qu’il faut quasiment ramper pour les déchiffrer, ce qui s’avère en outre difficile du fait des couleurs employées pour les inscriptions (gris sur gris ?)

Maintenant que j’ai déversé ma bile noire, je peux parler du sujet. En exergue à l’expo, une phrase de Montaigne : « Un honnête homme, c’est un homme mêlé. » Certes, et inversement il n’y a pas loin de l’exigence de pureté à la purification ethnique. Il y a bien longtemps que notre monde est métissé, n’en déplaise à certains, et cela ne fait que croître et embellir. L’ère de la mondialisation ne date pas d’hier, elle a commencé dès la découverte de l’Amérique et le tour du monde de Magellan.

Un objet emblématique du métissage : le Codex Borbonicus, prêté à l’exposition par la Bibliothèque de l’Assemblée Nationale qui le possède. Il s’agit d’un calendrier divinatoire aztèque, mais la présence d’éléments européens dans sa conception (quadrillages, légendes en espagnol…) en fait un objet métis et colonial. (Il est analysé en détail dans une excellente vidéo.)

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 Page 13 du Codex Borbonicus – Image Wikipedia

 
De nombreuses pièces exposées proviennent du Mexique colonial, la Nouvelle-Espagne comme on disait à l’époque. A l’évidence, « Planète Métisse » a bénéficié de la connaissance approfondie du Mexique détenue par le commissaire de cette exposition, Serge Gruzinski. On y voit aussi par exemple des tableaux peints au Mexique au 18e siècle et appelés « Cuadros de Casta » illustrant les différents types de métissage humain, chaque degré de métissage portant un nom particulier. Ou encore la Messe de St Grégoire (Mexique, 1539) – une gravure recouverte de plumes (le travail des plumassiers est représenté dans le Codex de Florence, évoqué dans une vidéo). La plume constituait un matériau précieux dans le monde précolombien, représentant la matérialisation du rayonnement divin.

La religion est devenue un vecteur majeur de métissage avec la christianisation des pays colonisés. Le syncrétisme s’est imposé. Thème chrétien, technique locale. Ainsi de la gravure précitée, ou encore de cet autel portatif (fin 16e) en bois laqué incrusté de nacre, provenant d’un pays asiatique. A l’inverse l’art européen s’est emparé des matériaux et des motifs « exotiques » des pays conquis. Exemple, un plat d’argent doré portugais (également fin 16e), orné d’un décor africain : palmiers, éléphants, chasseurs indigènes.

L’exposition développe également comment le métissage a affecté les formes du pouvoir colonial, dont la mise en place s’est souvent appuyée sur les structures locales existantes.

On voit bien à travers tous ces exemples que la perspective choisie a surtout été d’ordre historique – ce qui n’est pas sans intérêt, loin de là. Mais les formes actuelles du métissage ne sont qu’esquissées, à travers des évocations de la « musique métisse » (afro-brésilienne par exemple) ou les allers-retours de thèmes cinématographiques entre les pays asiatiques, les USA, l’Italie. J’aurais préféré que les proportions soient renversées pour donner une plus large place à ces images actuelles du métissage. Mais cela aurait sans doute abouti à une autre exposition.

 Fuligineuse

 PS du 21/7/08. J'ai oublié de dire que le catalogue est absolument superbe.

 

jeudi, 17 juillet 2008

Gloire à la pomme de terre

J’ai appris récemment, au hasard de mes lectures de magazines, que 2008 était entre autres l’Année Internationale de la Pomme de Terre (International Year of the Potato). C’est très sérieux, c’est une initiative de l’ONU et plus précisément de la FAO (Food & Agriculture Organization) des Nations Unies. Je passe sur les vertus très réelles de la pomme de terre et sur son rôle dans l’alimentation de la planète…

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Il semble que l'appellation pomme de terre ait été utilisée pour la première fois en 1762 par le botaniste Henri Louis Duhamel du Monceau (mais comment diable l’appelait-on avant ???).

 La pomme de terre est consommée dans les Andes depuis 8 000 ans environ. Arrivée en Europe grâce aux Espagnols au XVIème siècle, elle a rapidement gagné le reste du globe : aujourd'hui, les pommes de terre sont cultivées sur quelque 195 000 km2 de terres, du plateau du Yunnan en Chine aux plaines subtropicales de l'Inde, aux hauts plateaux équatoriaux de Java et aux steppes de l'Ukraine.

 belle-51QK02FS61L._SS500_.jpgA quelle quantité croyez-vous que la production mondiales de patates s’est élevée en 2007 ? 3,2 millions de tonnes ? ou 32 Mt ? ou 320 Mt ? Je vous laisse trouver la réponse. Premier producteur mondial ? La Chine, évidemment.

 Le potentiel culinaire de la patate est brillant par sa diversité. Plus que tout autre végétal (j’allais dire légume mais en raison de mon ignorance de la botanique, je ne sais pas si c’est compatible avec son caractère de tubercule, Solanum tuberosum) la chère patate peut être cuite de toutes les manières, bouillie, frite, rôtie, au four, et accommodée selon mille recettes. Patates, je vous aime…

 Et pour ne pas négliger la littérature, je rappellerai un excellent polar de Jean-Bernard Pouy, « La Belle de Fontenay » (en Folio).

 Fuligineuse

Documentation :

Site de l'Année Internationale de la Pomme de Terre 

Centro Internacional de la Papa 

Fiche Wikipedia


Source images :   Wikipedia, Amazon.

 

mardi, 15 juillet 2008

Mort d'un Européen

On a appris dimanche soir la mort accidentelle du député européen Bronislaw Geremek. Ce professeur d’histoire polonais était un grand Européen. Durant plusieurs décennies, je me souviens de l’avoir vu et entendu (écouté, plutôt) intervenir dans des débats à la télévision. (Bien sûr les chaînes françaises en étaient friandes parce qu’il parlait un français parfait.) Toujours avec mesure, pas de vaines polémiques, mais en affirmant les vraies valeurs d’un humanisme qui n’a plus guère droit de cité aujourd'hui. Avec une immense culture et une rare finesse.

Fuligineuse

Eléments biographiques dans la Wikipedia

jeudi, 10 juillet 2008

Gentleman George

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 A l'époque où il était le Dr Ross dans ER
(Urgences en VF)... Image NBC

Bien que rentrant de voyage le soir même, j’ai passé près de deux heures devant ma télé pour regarder le documentaire consacré à George Clooney, dont je suis une fan inconditionnelle. Non seulement il est beau garçon, non seulement c’est un excellent acteur, mais en plus il a le courage de se servir de sa célébrité pour soutenir (*) de justes causes (contre la guerre en Irak, pour l’aide au Darfour…), même si c’est bien souvent un combat de Don Quichotte contre les moulins. Last but not least, il a le bon goût d’habiter en Italie. Ah, ce Giorgio, quel homme !

Fuligineuse

Mes notes précédentes sur GC :

à propos d’un projet de série

Ma note sur le film "Michael Clayton" 

Ma note sur le film « Syriana » a disparu pour cause d’ancienneté (mars 06)

(*) Je ne supporte pas l'emploi du verbe "supporter" à la place de "soutenir" ! 

mercredi, 09 juillet 2008

Le livre menacé

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Je relaie tout simplement l'alerte utilement propagée par l'ami Alcovère au aujet de l'aménagement envisagé de la loi sur le prix unique du livre.

Des amendements proposés par des députés de la majorité parlementaire lors de l’examen du projet de loi de modernisation de l’économie ont ouvert un large débat sur la loi du 10 août 1981 relative au prix du livre, dite « loi Lang ».

Un site a été créé pour soutenir le maintien de cette loi, et collecte des signatures : "Pour le livre".

Fuligineuse la liseuse

Image : Beatrix Potter, The Tailor Mouse (vers 1902) - Source

lundi, 23 juin 2008

Vian bien vivant

Si vous ne l'avez pas encore vu, et même si vous l'avez déjà vu, ne manquez pas le film géant de Terry Gilliam : BRAZIL, c'est ce soir et c'est sur Arte.

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Malgré l'approche des vacances, malgré une température plus qu'estivale, malgré les séquelles laissées (pour certains) par une Fête de la Musique prolongée jusqu'aux petites heures du matin, le café Les Marcheurs de Planète (73 rue de la Roquette, 75011 Paris) a fait le plein hier après-midi pour la séance de lecture organisée par Marc Le Monnier, avec comme auteur vedette Boris Vian, Bison Ravi pour les amateurs d'anagrammes.

Extraits de ses romans, nouvelles, poèmes, la lecture s'est terminée par des chansons de Vian, que tout le monde ou presque semblait connaître par coeur.

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Quand Boris Vian jouait de la trompinette
à St-Germain des Prés (DR)

Boris Vian n'est peut-être pas un auteur de tout premier plan, mais il mérite assurément mieux que la réputation de joyeux fantaisiste qu'on lui fait parfois. La fantaisie et l'imagination délirante font certes partie de sa palette, dans le droit fil du surréalisme. Mais il est aussi d'une inspiration bien plus sombre, et pour s'en apercevoir, il n'y a qu'à lire L'Herbe Rouge ou L'Arrache-Coeur. Ou à repenser à l'amertume décapante des nouvelles du recueil intitulé Les Fourmis. Humour noir et liberté d'invention, un mélange stimulant pour le lecteur.

Après cette cinquième session, les habitués des Marcheurs de Planète vont s'accorder un repos estival bien mérité, mais les lectures reprendront à la rentrée, c'est promis.

Fuligineuse

Un site : Le petit cahier du grand Boris Vian 

jeudi, 19 juin 2008

Contre le naufrage du Bateau-Livre

De retour à Paris, je constate que les raisons de s'indigner ne manquent toujours pas. Je relaie volontiers l'information qui m'a été transmise par Eric Poindron sur la disparition programmée de l'émission de Frédéric Ferney, le Bateau-Livre, une des rares émissions de télé encore consacrées à ces objets obsolètes, les livres. Déjà qu'elle était reléguée à un horaire improbable (qui fait que je ne l'ai pas regardée autant qu'elle le méritait). Information également diffusée et dénoncée par Pierre Assouline dans sa République des Livres.

Dans le même ordre d'idées, voir le tract diffusé par le site Indiscipline :

 

Ensemble, arrêtons de penser dans les lieux publics !

dimanche 20 avril 2008 par drÖne

La lutte contre la pensée critique est une priorité de santé publique : un penseur régulier sur deux meurt à cause de ce vice et 5 000 personnes sont victimes de pensée passive chaque année en France.

Afin de protéger les penseurs comme les non penseurs, le renforcement de l’interdiction de penser dans les lieux à usage collectif a été initié par le décret du 15 novembre 2006, lequel prévoit sa mise en œuvre en deux temps. Depuis le 1er février 2007, la mesure s’applique dans les entreprises, les administrations, les établissements scolaires, les établissements de santé. A partir du 1er janvier 2008, elle s’applique aux lieux dits « de convivialité » (cafés, hôtels, restaurants, discothèques, casinos).

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Comme quoi, ce n'est plus "plus ça change, plus c'est la même chose", mais "plus ça change, plus c'est pire".

Fuligineuse 

 

mercredi, 28 mai 2008

Celle qui s'en va

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samedi, 24 mai 2008

Putain, quatre ans !

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